OS n°14

OS n°14
Date d'écriture : 11 août 2008.
Titre : Le revers de la célébrité.
Note : Malheureusement, je pense que Bill a réellement changé mais j'avoue avoir quand même exagéré certaines choses. Puis, fin utopique n'est-ce pas ?!




Je ne le reconnais plus.
Ça fait plusieurs semaines, peut-être plusieurs mois que Bill a changé.
Je m'en désole chaque jour qui passe, lui qui se battait pour que jamais ça n'arrive, il s'est laissé piégé. Trop de fans, trop de frics, trop d'adoration.
Je suis obligé de faire face à la réalité : Mon frère a pris la grosse tête.


Avant. Avant, il reconnaissait ses torts, il allait même jusqu'à se reprocher des choses totalement fausses et insensées. Je me souviens du jour où il culpabilisait d'avoir « totalement foiré ce concert » ; en réalité ça n'avait pas été si terrible. Il y avait bien eu quelques fausses notes, des dérapages mais rien de traumatisant ! Le public était là, toujours à fond.

Avant, Bill avait peur de monter sur scène. Il avait cette appréhension terrible qui l'aurait fait fuir en courant à la moindre occasion, mais il surmontait tout cela et, une fois sur scène, il faisait le show sans aucune difficultés. Il y mettait tout son c½ur, il donnait tout. Absolument tout.
Peut-être un peu trop d'ailleurs, puisqu'il y a eu ce petit incident vocal qui fait désormais parti du passé...

Avant, Bill se plaisait à agrandir sa garde robe, il aimait être la nouvelle icône des jeunes. Son look étant copié par des centaines de jeunes filles, il se complaisait à poursuivre ses efforts et rester l' « androgyne » le plus célèbre de toute l'Allemagne, voire même un peu plus.

Avant, Bill prenait un malin plaisir à taquiner Georg sur son côté bordélique et embêter Gustav quand il demandait seulement un peu de silence pour se concentrer. Il savait que, de toute façon, Gustav et Georg ne le prendraient pas mal puisqu'il savait quel ton employer pour ne pas les froisser, il savait y mettre la dose d'humour et d'ironie nécessaire.

Avant, Bill travaillait chacun de nos textes avec les compositeurs et revoyait parfois certaines choses avec notre manager. Il modifiait une phrase, un mot et s'assurait que chacun de nous était satisfait du résultat auquel cas il planchait une fois de plus sur la chanson jusqu'à ce que tout soit « ok ».

Avant, Bill avait de la peine pour toutes ces fans qui patientaient sous la pluie durant des heures ne serait-ce que pour obtenir un gribouillage de sa main. Il s'arrangeait toujours pour trouver cinq minutes dans notre emploi du temps et se consacrer aux fans et à leurs attentes. Il restait toujours des inconsolables qui n'avaient pu obtenir d'autographes de part leur placement et ça, Bill avait beaucoup de mal à l'accepter. Avec le temps il s'y était fait...

Avant, Bill refusait catégoriquement de chanter en play-back quand nous nous trouvions dans notre pays, l'Allemagne. Ailleurs, ça pouvait passer mais sûrement pas là où il était né, là où plusieurs personnes de connaissance étaient susceptibles de l'écouter.

Avant, Bill imposait à notre manager qu'il nous laisse des jours de repos pendant les fêtes, l'anniversaire de l'un de nous et même celui de maman. Il utilisait le chantage, toujours avec beaucoup de diplomatie, et obtenait souvent ce qu'il voulait.

Avant, Bill était proche de moi.


Aujourd'hui les choses ont changé et je m'en mords les doigts.
Est-ce que je n'ai pas été assez derrière lui pour qu'il change à ce point ? Ne l'ai-je pas assez protégé de cet univers dangereux malgré tout ? Est-ce que tout ceci est de ma faute ?

Bill est devenu une espèce de petite peste, qui obtient tout ce qu'il veut, quand il veut et par tous les moyens.

Je crois que la conquête de l'Amérique a été le point de départ à tout ça ; de nouveaux fans à satisfaire, un nouveau stress en somme.
Les semaines ont passé, il a changé. D'abord physiquement, ses cheveux devenus noir charbon, sa garde robe toujours plus grande, ses fringues toujours plus chères -lui qui aimait tant créer ses propres vêtements- Ses bijoux toujours plus voyants, toujours plus farfelus.
Puis, mentalement, surtout mentalement.
Il n'y a plus de Gustav, de Georg ou encore de Tom, il y a seulement Tokio Hotel.
Tokio Hotel, toujours et encore.

J'ai l'impression qu'il a oublié d'où on est parti, le chemin que l'on a fait, les difficultés que nous avons rencontré. Il ne pense qu'au futur, il ne pense qu'à s'enrichir et peu importe si le public n'est pas content.
Play-back à toutes les émissions, quelles qu'elles soient ; il accepte toutes les interviews, sans même nous en parler. Il y assiste parfois seul, un sourire immense peint sur son visage.
Il aime être le centre de toutes les attentions, il est devenu égocentrique et ça me fait mal car je sais qu'au fond de lui il n'est pas comme ça.

Il ne taquine plus Gustav et Georg comme il le faisait auparavant, non là il les emmerde carrément ! Il passe son temps à les rabaisser, leur reprochant leur façon de jouer, de se tenir sur scène. Des choses totalement insensées mais qui blessent malgré tout.
Rien n'est de sa faute, lui, il est juste parfait.

Moi je ne subis pas trop ses assauts, il se contente simplement de ne pas m'adresser la parole mais je crois que c'est bien pire. Mon jumeau m'ignore à longueur de journée, je ne suis plus qu'une ombre sur le tableau.

En ce moment, il est en plein Photoshooting, j'imagine déjà la tête des maquilleuses et du photographe. Ils ne feront pas ce qu'ils veulent, ça c'est sûr. C'est Bill qui décide.

Il ne se rend pas compte que, du jour au lendemain, tout peut basculer parce que les journalistes ne supporteront plus ses sous-entendus stupides, ses remarques sur la qualité du magasine pour lequel il est interviewé, ses ordres à tout va pour demander un verre d'eau ou une pause inutile.
Il ne se rend compte de rien, sauf du fait qu'il a du pognon et du succès auprès des filles, le reste, il s'en fout.

Depuis quand est-ce qu'il n'a pas vu maman ? Le sait-il seulement ?
La dernière fois, je suis rentré seul à Magdeburg, « fais-lui un bisou pour moi. » Et voilà, rien d'autre. Il n'a même pas été capable de faire le déplacement pour voir sa propre mère qui n'est, bien sûr, nullement au courant du comportement de son fils. Elle en souffrirait trop, elle est tellement fière de nous et de ce que l'on a fait.

Depuis peu, il a décidé de monter sur scène avec des lunettes de soleil, histoire de montrer à quel point il est sûr de lui et supérieur. Oui, parce que derrière ses lunettes il voit tout mais personne ne le voit.
Et il aime ça, ce sentiment de frustration et de désir qu'il crée autour de lui.

Je pourrais le détester et l'ignorer comme il le fait avec moi sauf que je ne peux m'empêcher de me sentir coupable. Je n'ai pas su le protéger de ce monde hypocrite et j'en paye les pots cassés. Je ne dis rien, je me mure dans mon silence et je crois savoir que ça l'énerve, il aimerait que je l'affronte, il doit préparer ses mots depuis des semaines. Des mots qui font mal, qui me rabaisseraient, qui me prouveraient à quel point il a pitié de moi.

Dans moins d'un mois nous aurons dix neuf ans et je sais qu'il ne les fêtera pas avec moi ; il s'arrangera pour se faire inviter à une soirée mondaine, histoire de bien se faire voir et apparaître dans les magasines dès le lendemain matin.
Je me contenterai d'espérer que, le temps d'un soir, il redeviendra mon Bill, mon petit frère, celui que j'aime tellement et qui me manque.


...

Je dépose le carnet sur la petite table près du lit de ma -somptueuse- chambre d'hôtel, et descends rejoindre Gustav et Georg, probablement en train de débattre sur la meilleure façon d'aborder Bill pour le changement de chanson du concert prochain.
En effet, ils aimeraient déplacer l'ordre des chansons, question de coordination entre les instruments. Je sais aussi bien qu'eux que ça ne sera pas tâche facile car Bill a décidé du panel des chansons et il n'est pas prêt d'accepter qu'on les modifie...

Comme prévu, je m'installe sur une chaise face à eux, dans le petit salon et les écoute établir une technique d'approche plus ou moins hypocrite. J'en reviens pas, je croirais presque qu'ils ont peur de mon frère !
-Si vous voulez je m'en charge. Je lance sans trop me rendre compte de ce à quoi je m'engage.
Ils tournent tous les deux leur regard suppliants vers moi et je fais un signe de la tête, confirmant ma proposition.
Au même moment, les portes de l'hôtel s'ouvrent et Bill fait son apparition, un sourire collé aux lèvres, la démarche sûre, il ne nous adresse même pas un regard et récupère son pass auprès de l'accueil. Il envoie balader Saki qui, obéissant, retourne près de l'entrée, surveiller qu'aucune fille n'essaie de pénétrer dans le bâtiment.
Je soupire en même temps que Gustav et Georg et décide de prendre quelques minutes avant d'aller affronter la tête de mule qui me sert de frère.

Deux parties de billard plus tard, je me sens plus détendu et décide enfin de rejoindre Bill dans sa chambre pour discuter du programme.
J'ai le droit aux encouragements de mes camarades et ils se permettent même d'ironiser quant à ma mort prochaine. Je souris mais j'ai mal, Bill n'est pas un monstre, j'en reste persuadé.

Je m'arrête à l'accueil pour récupérer ma clef, la fille m'adresse un sourire et me tend le pass sur lequel figure le numéro 43.
Je m'apprête à partir et fais demi-tour, l'interrompant dans une communication téléphonique.
-Excusez moi mais je suis au 42, vous avez du faire erreur.
Elle raccroche le combiné et me fait un sourire désolé, après quoi sa main se plaque brusquement contre sa bouche. Je fronce les sourcils face à sa détresse et elle bredouille quelques mots incompréhensibles. Je la pris de se calmer et elle m'explique enfin de quoi il retourne :
-J'ai donné votre pass à quelqu'un d'autre, je me suis trompée. Oh mon dieu, je vais me faire virer si le patron apprend ça.
-Ne vous inquiétez pas, votre patron n'en saura rien, j'imagine que vous avez fait erreur avec le 42 ?
-Je/ euh oui.

-C'est la chambre de mon frère, je vais régler ça.
Je lui adresse un sourire rassurant et monte les marches, appréhendant la réaction de Bill.

Qu'a-t-il fait depuis tout ce temps ? Il n'est quand même pas rentré dans ma chambre ? Pour quoi faire ? Ses affaires n'y sont pas ; Ok, il va être en furie, mais pourquoi ne s'est-il pas manifesté plus tôt ?
Des centaines de questions me brûlent les lèvres quand j'arrive enfin à notre étage, la porte de ma chambre est légèrement entrouverte, illuminée, il y est. Ou, il y était.

Bêtement, j'avance sur la pointe des pieds et pousse doucement la porte qui n'émet, heureusement, aucun bruit. Il est là. Assis sur le lit, dos à moi.
Ma respiration s'accélère quand j'aperçois mon carnet entre ses mains mais aussi des larmes qui viennent se noyer sur le papier.
J'hésite entre le laisser poursuivre sa lecture afin qu'il réalise à quel point il me fait souffrir et, lui retirer des mains pour ne pas avoir à affronter ses reproches et sa pitié.
La colère pointe le bout de son nez quand je réalise qu'il est entré dans ma chambre sans ma permission et qu'il s'est permis de lire quelque chose de très personnel. Je me sens trahi ; avant ça ne m'aurait pas dérangé puisqu'on se disait tout, aujourd'hui tout est différent. Il est différent.
Je fais quelques pas de plus en même temps qu'il referme le carnet pour le poser à côté de lui, sur le lit.
Je me stoppe à quelques mètres de lui, mes poings se serrant involontairement.
-Qu'est-ce que tu fais ?
Il sursaute et se retourne en se levant, essuyant ses larmes du revers de sa manche. C'est idiot, il étale sur ses joues le maquillage noir qui a coulé précédemment. Je me surprends à le trouver beau et terriblement naïf et innocent.
Nos regards se croisent un court instant avant qu'il ne brise le contact, fuyant ma chambre. Je fait aussitôt volte-face et l'attrape par la manche, le faisant se retourner face à moi.
-Où tu vas ?
-Lâche-moi !

Je prendrais une gifle, ce serait pareil. Il retire son bras de mon emprise mais avant qu'il n'ait pu faire le moindre pas vers la sortie, je l'informe que s'il souhaite rejoindre sa chambre, je suis en possession de sa clef. Le regard qu'il me lance me fait froid dans le dos mais, moi aussi, je peux jouer au méchant.
Tu oublies que l'entêtement est l'un de nos principaux points communs, petit frère.
Il m'ordonne de lui donner sa clef mais je refuse, m'installant confortablement sur mon lit. Il claque la porte et se poste encore une fois devant moi, le regard mauvais.
-A quoi tu joues ? Me lance-t-il.
Je me redresse et tapote le matelas à côté de moi où il vient s'asseoir, non sans soupirer.
-Je te donne le pass si tu me dis ce que tu faisais ici.
Je ne cèderai pas, je veux qu'il le dise, je veux qu'il avoue qu'il a tout lu, tout compris.
-J'imagine que la fille s'est planté, voilà tout.
Il hausse les épaules comme pour se convaincre lui-même et tend sa main, qui tremble, pour que je lui donner l'objet de ses convoitises.
-Non Bill. Qu'est-ce que tu faisais quand je suis arrivé ?
-Tu le sais très bien !
Sa main retombe sur sa cuisse dans un bruit de claquement et son regard se perd sur la moquette.
Je déteste ce que je suis en train de faire, j'utilise ses méthodes.
-T'avais pas le droit de lire, c'est personnel.
Ma voix me fait défaut, je tremble et j'ai juste envie de pleurer, vomir peut-être.
-Ça me concerne.
Sa voix est faible, presque inaudible. Il avoue, il a lu.
-Oui ça te concerne, tu as tout lu ?
Il acquiesce et ajoute d'un ton nonchalant :
-Depuis quand est-ce que tu te confies à un carnet stupide ?!
-Depuis que tu ne me parles plus
.
Ses yeux rencontrent soudainement les miens, ils brillent mais leur lueur de méchanceté est toujours présente. Méchanceté ? Désespoir peut-être.

J'ose approcher ma main de son visage et caresse sa joue du bout des doigts, mais il tourne la tête, refusant toujours le contact.
-Pourquoi pleures-tu ?
Il me fait à nouveau face, de nouvelles larmes glissent sur ses joues et je suis pris d'un violent sentiment de culpabilité. Un petit rictus sort de sa bouche avant qu'il n'ajoute, comme si de rien n'était :
-Je suis un monstre, c'est ce que tu penses hein ?!
Je suis surpris par ses mots et tente de faire abstraction du fait que je suis déstabilisé.
-Non, tu n'es pas un monstre. Tu te comportes juste comme tel.
-Encore mieux !
Un nouveau rire ironique s'échappe de ses lèvres alors que ses pleurs ne cessent pas.
-Je te reconnais plus Bill.
-Oui, ça j'avais compris. Tu ne sais rien Tom.

Il essuie ses larmes et soupire, la discussion prend un nouveau tournant.
-Non je ne sais pas, explique moi.
Il ne s'attendait pas à cette réponse, son regard se plante dans le mien et c'est lui qui vient caresser ma joue cette fois. Peut-être parce que je n'ai pas su retenir ma peine.
Il me semble apercevoir mon Bill, le vrai.
-Que veux-tu que je t'explique ?
-C'est de ma faute tout ça ; j'aurai du...

-Non. Me coupe t-il, sa voix est calme, sereine.

Il a posé son déguisement, il va se confier, je le sais et je le sens.
-C'est moi, juste moi. Poursuit-il. Sa main rejoint timidement la mienne et il entremêle nos doigts. Je me suis laissé piégé, j'ai tout gâché et je ne peux pas revenir en arrière. Les gens me connaissent comme ça alors je m'efforce de rester tel quel. Méchant. Egoïste. Con.
Ses mots sont durs, il a tort de penser que tout est fait. Il peut changer, les fans resteront. Je lui demande pourquoi il a offert cette vision de lui à l'Amérique, pourquoi a t-il changé le jour où nous avons posé pied sur cette terre.
-Si tu savais comme j'avais peur. L'Amérique Tom, l'Amérique ! Il me fallait un caractère qui me permettrait d'affronter les premiers échecs, les refus...Un caractère digne d'une star américaine !
-« Star américaine » rien que ça !
Je souris et il me rend mon sourire avec une chaleur étonnante ; je comprends peu à peu et ses mots confirment ma pensée : le show-biz n'a pas que des aspects positifs.
-Je pensais pas, il reprend, que tu en souffrirais. Au fur et à mesure j'étais dans mon monde, peu importe ce qu'il y a autour.
Je me crispe un peu à ses paroles et les premiers mots d'excuses s'échappent de ses lèvres. Mon c½ur se serre, il est plus victime que coupable, c'est certain, mais certaines choses resteront difficiles à oublier.
-Je ne t'en veux pas, seulement...
-Oui, j'irai voir les mecs, David, tous. J'irai m'excuser.
-Promis ?
-Promis. Dis, tu vas m'aider Tomi ?
-T'aider à quoi ?
Je demande incertain.
-A tourner la page.
Sa main se détache de la mienne et vient se poser sur ma joue, la seconde fait de même et il approche son visage près du mien. Ses lèvres à quelques millimètres des miennes, il me murmure des « pardon » sans fin.
Je ferme les yeux et il scelle nos lèvres ; je ne peux m'empêcher de penser à maman dans ce moment d'intimité. Quand on était petit et qu'on se blessait, elle nous faisait un petit baiser avant d'ajouter : « Un bisou et on oublie tout ! ».
Oui, on oublie tout.
Je glisse mes doigts dans ses cheveux et approfondis le baiser ; baiser au goût de regret, de tristesse, d'amour et de courage.




£µtt!

# Posté le samedi 23 août 2008 04:32

Modifié le mercredi 03 septembre 2008 03:06

OS n°15

OS n°15
Date d'écriture : 9 août 2008.
Titre : Erreur.
Note : Chanson de Patrick Fiori, la première qui critique j'l'éclate è_é. [Dédicace à ma soeur...]






Je le déteste.
Je claque la porte derrière moi, empoigne mon sac et descend l'allée.



Dans ton sac, ni regret, ni tract,
Des bouquins, des fringues en vrac.
Ici, tout est clean, intact.
Sale baraque,
O ne jamais revenir.

Anorak, la porte qui claque,
Et dix huit ans qui se cassent.



Je sais qu'il est devant la fenêtre, dans notre chambre.
Je sais qu'il me regarde et je sais qu'il souffre.
Sûrement pas autant que moi...



Derniers regards, flash-back,
Bas les masques.
Une enfance se déchire.



Je jette un ½il sur la fenêtre éclairée à l'étage, il est là.
Ses cheveux noirs, abîmés, encadrant son visage pâle. Ses prunelles brunes qui cherchent un contact désespéré. Le pardon ne suffit pas ; le mal est fait.
Nos regards se croisent et j'ai l'impression de recevoir une décharge électrique.
J'en viens même à me demander si je ne suis pas le fautif dans cette histoire.
Non. C'est bien toi.
C'est toi qui m'as trompé.

Notre histoire était loin d'être facile à vivre, il a fallut qu'il fasse en plus un pas de travers.
Le seul, le dernier.
Je pardonne beaucoup de choses, hormis la trahison.
Il a essayé de m'expliquer mais je ne l'ai pas écouté, j'étais bien trop occupé à le haïr et à lui cracher mon mépris et ma déception.
Alors non, je ne sais pas pourquoi je l'ai retrouvé dans les bras de cette fille. Une jolie fille, une brune, avec de grands yeux bleus.
Mon opposé.
Je me souviens parfaitement de son regard quand j'ai débarqué dans notre chambre, la surprise puis la désolation. Je pensais être le seul à avoir goûté à ses lèvres, je me suis lourdement trompé. Comme il m'a trompé.

Est-ce que maman et Gordon y sont pour quelque chose ? Ils avaient découvert notre relation plus que fraternelle et n'avaient évidemment pas accepté mais, au fond d'eux, ils savaient.
Ils savaient que je le rejoignais toutes les nuits ; ils savaient que nous n'avions aucune relation avec une tierce personne à l'extérieur ; ils savaient que les regards et les sourires que je lui adressais signifiaient beaucoup. Beaucoup d'amour.
Loin de moi l'image du romantique, mon jumeau, c'est celui que j'aime. Que j'aimais ?
Ça ne m'étonnerait guère que ce soit les parents qui aient fait venir cette fille pour l'éloigner de moi...



Adieu les vieux, les rengaines,
Ce trou paumé, ces gangrènes,
Tout plus moyen que la moyenne
.



...Mais bon sang ! Il pouvait la repousser.

Je le déteste.
Je détache mon regard de la fenêtre où il me supplie encore de rester.
Je ne peux pas, je suis peut-être lâche mais je m'en vais.
Je te quitte, petit frère.



Mais même si tu te tailles,
N'oublie pas ce petit détail...

Tu lui ressembles,
Plus qu'il te semble.
Le sang, les années, t'ont façonné.
Tu lui ressembles,
La même langue.
Tu ne pourras pas tout effacer,
Ou que tu ailles
.


Où est-ce que je vais ?
Je ne sais pas, je marche, je laisse mes pas me guider.

C'est bientôt Noël.

Je jette un ½il sur les vitrines illuminées, cette année maman avait prévu de nous séparer.
Comment peut-elle prétendre nous aimer ?
« C'est pour votre bien. » Mensonge.
Bill ne le savait pas mais moi j'étais au courant, depuis un moment déjà. Je devais aller passer les fêtes chez papa et, lui, resterait ici avec maman et Gordon. J'ai bien essayé de m'opposer à cette idée mais c'était ça où elle nous jetait dehors.
Où serions-nous aller ? Sans revenu, sans aides, je suis loin d'ignorer ce qui nous attendrait.
Alors que je visualise ce qu'aurait été notre vie si maman avait accepté notre relation, je l'aperçois au loin.
Devant la vitrine d'un disquaire. Son regard perdu dans le vide, son corps enveloppé dans un grand châle, ses mais tremblantes.
J'ai pitié.



Cigarette, tu connais ces gestes,
C'est bien ta mère, ce stress.
Ses manies que tu détestes, sa petitesse,
Cette angoisse de vieillir.

Plus rien que tu n'aimes en elle,
Le mépris, presque la haine.
Plus rien ici qui te retiennes.



J'imagine parfaitement son sourire quand elle verra que j'ai quitté la maison. Elle a toujours préféré Bill ; c'est elle qui l'a maquillé pour la première fois, le jour de ses onze ans. C'est elle qui lui a offert sa première bague ; c'est elle qui lui a teint ses cheveux.
C'est elle qui en a fait mon opposé.



Tu lui ressembles,
Plus qu'il te semble.
Le sang, les années, t'ont façonné.
Tu lui ressembles,
A l'évidence.
Tu ne pourras pas tout effacer.



Il a appris à aimer son image, je crois même savoir qu'il est fier de son apparence. Tant mieux. Son look ne m'a jamais dérangé, sinon par le fait qu'il se différenciait de moi.
Je l'ai toujours trouvé beau, il pourrait porter la plus ridicule des tenues que je continuerais de le trouver sublime.
Je sais qui il est.
Qui il était.
Aujourd'hui, je veux juste l'oublier.



Tu lui ressembles.
Plus qu'il te semble
.


Ce sera dur, très dur.
Je devrais oublier son corps, son parfum, ses sourires, sa voix.
Je devrais l'oublier lui et ça me semble mission impossible, pourtant je n'ai pas le choix.
C'est ça ou le pardon.
Je ne peux pas.
J'aimerais mais je ne peux pas passer outre le mensonge, avec ses excuses ou sans.



(Vas t'en mais n'oublie pas même si ça te gêne)
Le sang, les années, t'ont façonné.
(Même en fuyant, même en vivant tous les contraires.)
Tu lui ressembles. La même langue.
(Ta démarche, ces mots, ce même caractère)



Je fais quelques pas de plus, le vent s'infiltre sous mes vêtements me faisant frissonner. Je décide de faire une pause et pénètre dans un petit bar au coin de la rue. Il n'y a presque personne, les gens sont trop occupés à faire leurs derniers achats de Noël.

Je culpabilise de le laisser seul, à moins que sa nouvelle copine ne lui tienne compagnie...
Je soupire en frottant mes mains sur mon jean, tentant vainement de les réchauffer contre le tissus rêche.
Le serveur prend rapidement ma commande alors que je m'installe plus confortablement sur le petit fauteuil, disposé derrière une petite table ronde.
Face à moi, un miroir.



Tu ne pourras pas tout effacer.
(Ce regard troublant, surpris, dans un miroir.)
Tu lui ressembles.



Je reconnais ses traits, ceux de mon jumeau.
Je ne lâche pas mon reflet du regard, me surprenant à penser que je suis en train de faire une erreur.
Ses yeux cernés, comme les miens. Tristes, comme les miens.
Ses lèvres rosies, comme les miennes. Tristes, comme les miennes.
Son visage pâle, comme le mien. Triste, comme le mien.
Du bist alles was ich bin.
Le serveur me coupe dans ma contemplation en posant une tasse fumante devant moi ; je paie et quitte la table brusquement, laissant mon sac choire près de la chaise.



Tu lui ressembles.
Ou que tu ailles.


Non. Je ne pourrais pas l'oublier.
Je choisis la deuxième option. Pardonner.

Je cours, manquant de tomber sur le sol gelé.
Je crois que je pleure ; le froid me brûle les yeux mais pas seulement.
Je bouscule plusieurs personnes sur mon passage, dont une qui m'empoigne me faisant me retourner brusquement. Je m'apprête à lancer un regard noir à cet inconnu quand je reconnais ses yeux bruns. Les mêmes que les miens, les mêmes que les siens.
Maman.

« -Tom, qu'est-ce que tu fais dehors par ce temps ? » Me lance t-elle, sa main ne lâchant pas sa prise sur mon bras.
« -Laisse-moi. » Dis-je en me retirant de son emprise.
Je lui lance un regard noir, et reprends ma marche. Je ne suis plus très sûr de vouloir rentrer à la maison, je le fais juste parce que je l'aime. Parce que j'aime mon frère au-delà du raisonnable et que je pourrais lui pardonner n'importe quoi, même la pire trahison. Je dois quand même le laisser s'expliquer, on verra par la suite.
« -Où vas-tu ? »
Je me stoppe et me retourne, elle pleure.
Mon c½ur se serre à cette vue, j'ai beau la haïr, elle reste ma mère, celle qui fait que j'existe, celle qui fait que Bill existe.
Je fais quelques pas en arrière et relève son visage baissé d'une main. Elle me regarde, suppliante.
« -Tu allais partir n'est-ce pas ? »
Elle n'attend pas que je confirme et poursuit :
« -Je voulais pas en arriver là. Je vous aime tu sais, toi et ton frère. »
Elle porte nerveusement une cigarette à ses lèvres et l'allume, elle rejette la fumée en l'air, ses yeux se fermant l'espace de quelques secondes.
« -Tu as fais venir cette fille, je me trompe ? » Elle acquiesce et je serre mon poing, tentant de garder un ton relativement calme. « Pourquoi tu as fait ça ? »
« -Je suis pas aveugle Tom, je sais que vous n'avez jamais arrêté...vos bêtises. »
« -Ce ne sont pas des bêtises ! Libre à toi de ne pas comprendre mais tu nous as reniés. Re-niés. » Un sanglot s'échappe de sa gorge alors que je la mets face à la réalité. « Est-ce que tu te rends compte du mal que tu as fais à Bill ? Ton fils bordel ! » Je lève les bras au ciel dans un geste désespéré alors qu'elle m'ordonne de lui parler sur un autre ton.
Je m'emporte mais j'ai mes raisons. Je la déteste.
« -Je m'en rends compte...trop tard. » Son visage se baisse à nouveau alors qu'elle porte sa cigarette à ses lèvres. « Eva, c'est la fille d'une de mes collègues, je crois qu'elle est plus ou moins attirée par ton frère. Je l'ai invité à la maison pendant que tu faisais des courses ; c'est une petite maligne, elle sait exactement ce qu'il faut faire pour faire tomber quelqu'un dans ses filets. » Son regard se porte sur moi et elle ose venir caresser ma joue de sa main froide.
« -Je voulais juste que vous arrêtiez, j'ai regretté. Cette fille n'est pas quelqu'un de bien, une putain, rien de plus. »
Mon souffle se coupe face aux mots employés par ma mère, sa voix est dure, méprisante.
« -S'il s'est passé quelque chose avec ton frère, je peux t'assurer qu'il n'était pas consentant. » Elle prend une nouvelle inspiration. « Tu les as vu, c'était le but. »
J'ai envie de la gifler mais je me retiens lorsque de nouvelles larmes glissent sur ses joues.
« -Je m'en veux tellement, je pensais pas aux conséquences. Je croyais juste que vous arrêteriez votre relation mais je t'ai vu préparer tes affaires hier soir, et, elle hésite, tu as dormi dans ta chambre. Bill est venu me voir cette nuit, il m'a incendié, un peu comme toi. » Un petit rictus sort de sa gorge alors qu'elle fait allusion à notre ressemblance. « Il a deviné le stratagème, la fille, les courses, ton retour au mauvais moment... Il a été dur. Je l'ai sûrement mérité. »
Sa main s'accroche à ma nuque et elle dépose un baiser sur le haut de mon front en se hissant sur la pointe des pieds.
« -Je t'aime mon grand et je te demande pardon. »

Je reste interdit plusieurs secondes face à la sincérité dont elle fait preuve. Il faudra du temps pour oublier le mal qu'elle nous a fait mais j'ai envie d'y croire. Je croise à nouveau son regard et maintenant j'en suis sûr.
« -Dépêche-toi de rentrer. » Elle me fait un sourire et me donne une petite tape dans le dos alors que je me retourne.
Mes pas s'accélèrent, mon cerveau bouillonne, je pense trop.

J'oublie le froid et arrive devant notre maison, je passe la porte rapidement et monte à l'étage. Je ne prends pas la peine de frapper et rentre dans notre chambre à la vitesse de l'éclair.
Les yeux de Bill s'ouvrent largement, il a pleuré. Il se relève du lit sur lequel il s'était allongé et se poste face à moi.
« -Tom, laisse moi t'expliquer. J'ai pas...C'est que...En fait...Je/ »
« -Chut. » J'attrape son visage entre mes mains, le froid de mes doigts contrastant avec ses joues chaudes et rougies. Je caresse doucement sa peau de mes pouces et scelle mes lèvres aux siennes pour l'embrasser tendrement.
Ses mains s'accrochent à mes poignets alors que je l'embrasse à nouveau.
Le baiser prend fin et je l'attire dans mes bras, il niche sa tête dans mon cou et s'excuse des dizaines de fois. Je ne peux que lui pardonner.
C'était une erreur.




Tu lui ressembles,
A l'évidence.





£µtt!

# Posté le dimanche 24 août 2008 14:47

Modifié le mercredi 03 septembre 2008 03:06

Pourquoi moi ?! >.<

Pourquoi moi ?! >.<
♦♦♦♦♦♦

Les règles :

> Les personnes taguées doivent écrire les règles et la personne qui l'a taguée.
> Chaque personne taguée doit écrire 7 choses sur elle.
> Tu dois a ton tour taguer 7 personnes sauf celle qui t'as tagué.
> Tu ne peux être taguée plus de 7 fois.



Bien. D'abord, Merci ma vilaine pour cette gentille attention >.<'



♦♦♦♦♦♦


1 - J'aimerais avoir le pouvoir de revenir en arrière...

2 - J'ai les yeux bleus, à mon grand désespoir --'

3- Je viens de me faire faire un prise de sang et...c'est nul.

4- J'ai un chat dépressif mais tellement adorable *-*

5- J'ai du mal avec le mot "confiance".

6- Je n'aime que le chocolat noir =P

7- Beaucoup de personnes me décoivent ou m'ont déçu =X


♦♦♦♦♦♦




♦♦♦♦♦♦



£µtt!

# Posté le jeudi 28 août 2008 04:40

OS n°16

OS n°16
Date d'écriture: 29 août 2008.
Titre: Chat-mailleries.
Note : Un OS lemonesque, twincest à souhait et complètement déjanté =D





Bill était confortablement installé sur le canapé, sa tête reposant sur l'accoudoir alors qu'une de ses jambes pendait dans le vide. A l'autre bout du canapé, Tom était simplement assis, son regard scotché sur son jumeau. Bill ne semblait pas le remarquer, trop occupé à câliner Kasimir, son chat. Puis, de temps en temps il levait la tête vers la télé, histoire de savoir à qui appartenait les voix qui braillaient depuis un moment déjà.

Ils étaient de retour chez eux pour deux semaines tout au plus et Bill se réjouissait de pouvoir profiter de ses proches, il les voyait tellement peu...Il appréciait également le fait qu'il allait pouvoir passer du temps avec son jumeau, loin des médias, loin des groupies, loin de David et des deux G. Juste eux.
Leur relation avait pris un nouveau tournant depuis quelques mois ; Bill restait persuadé que ce rapprochement n'était du qu'au fait qu'il ne supportait plus la distance avec sa famille, il se sentait comme seul et il avait trouvé du réconfort dans les bras de son frère. En fait, il se forçait à être persuadé que ce manque était à la base de leur relation plus que fraternelle, ça lui évitait de culpabiliser et de penser qu'il était un monstre.
En revanche, la réalité était là, ils étaient chez eux et Bill n'avait aucune envie de « quitter » son frère. Maintenant qu'il y avait goûté, il ne pouvait tout simplement plus s'en passer. La réciproque marchait également pour Tom, quoique celui-ci souffrait de leur situation. Se cacher, patienter pour un bisou, une caresse pouvait se révéler être une épreuve insurmontable. Et pourtant, cela durait depuis plusieurs semaines maintenant. Ils en avaient beaucoup discuté, ils étaient prêts à arrêter leur relation si les choses se compliquaient mais non. C'était simplement impossible.

Kasimir émit un petit grognement alors qu'il s'étendait un peu plus sur le corps du brun, les mains de ce dernier caressaient affectueusement le pelage de l'animal. Il semblait même qu'il souriait en accomplissant son devoir. Tom ne pouvait résolument pas détacher ses yeux de cette scène, il émit un soupir qui parvint aux oreilles de Bill. Il leva alors à son tour le regard vers son jumeau, haussant un sourcil.
« Quoi ? » demanda t-il avec intérêt, Tom semblait énervé.
« Ce chat est vraiment stupide. » lança t-il avant de porter toute son attention sur la télévision, ne sachant même pas ce qui y était diffusé.
Bill étouffa un rire avant de se redresser, attrapant Kasimir dans ses bras, le cajolant toujours plus. Il s'assit et reposa son dos contre le dossier, il leva le chat dans les airs et déposa un baiser sur le haut de sa tête puis l'installa sur ses cuisses. Le chat coopéra et s'allongea à nouveau de tout son long, il se mit à ronronner alors que le chanteur glissait un doigt sous son cou. A ce son, Tom jeta un ½il à sa gauche et leva les yeux au ciel en croisant les bras sur son torse.
« Tu ne l'as pas lâché une minute depuis que l'on est rentré. » reprocha t-il à Bill.
« Il m'a manqué c'est normal. » Tenta le brun. Puis il se baissa un peu en avant, attrapant la petite tête de l'animal entre ses mains. « Et moi aussi je lui ai manqué, hein, mon petit Kasimir ?! »
Le chat se contenta de ronronner un peu plus fort alors qu'un sourire se dessinait sur les lèvres de Bill, Tom, lui, soupira et se leva annonçant qu'il allait chercher quelque chose à boire dans la cuisine. Quand il revint, il pris place sur un fauteuil, faisant ainsi comprendre à son jumeau qu'il lui laissait le canapé pour profiter pleinement de son « chat chéri ».
« Pourquoi tu ne viens pas près de moi ? » demanda le brun, une de ses mains se glissait désormais dans le pelage de Kasimir, au plus grand plaisir de ce dernier.
« Je veux pas déranger. » cracha Tom.
Le rire de Bill emplit la pièce, attirant le regard interrogateur de son double sur lui.
« Quoi ? »
« J'y crois pas ! » rigola Bill.
Le blond réitéra sa question, faisant désormais face à Bill.
« Tu es jaloux. » annonça le brun en souriant, ses pieds trouvèrent leur place sur la table basse permettant à Kasimir de s'étendre un peu plus sur ses jambes.
« N'importe quoi ! » s'empressa de répondre Tom.
Il n'était pas jaloux, pas du tout, c'est juste que son frère avait tendance à porter un peu trop d'attention à son chat et pas assez à ses proches. Et pas assez à lui.
« Tom, ce n'est qu'un chat. » Bill ne pouvait résolument pas s'empêcher de rire face au comportement de son frère.
« J'ai parfois l'impression que tu l'aimes plus que n'importe qui » lança t-il au hasard, puis, il ajouta dans un murmure : « Plus que moi. »
Bill pouffa encore, ne cessant de caresser Kasimir mais celui-ci n'appréciait guère les tressautements dus aux rires du brun, il s'éloigna donc un peu sur le canapé mais Bill n'y fit pas attention.
« Tu ne peux pas comparer l'amour que je porte à un animal et ce que j'éprouve pour toi. » Bill semblait plus sérieux même si la situation l'amusait beaucoup et, quelque part, il était flatté. Tom était jaloux, rien que cela constituait une preuve d'amour.
Tom ne répondit pas, se renfrogna en s'enfonçant dans le fauteuil. Ses yeux scrutèrent l'écran de télévision, sans intérêt.
Le chanteur appela son jumeau mais celui ne répondit pas, c'était vraiment une tête de mule quand il voulait. Il se leva, frottant ses cuisses et son tee-shirt pour chasser les poils du chat et se dirigea vers l'escalier.
« Je vais me coucher. »
« Mh. » murmura le blond.
Bill sourit face à la réaction presque enfantine de son double et grimpa les marches, quand il fut arrivé en haut il siffla une fois et appela Kasimir. Les oreilles de ce dernier se redressèrent aussitôt et il sauta du canapé pour rejoindre son maître qui lui promettait sûrement mille et une caresse. Tom suivit l'animal des yeux et il lui sembla que celui-ci le narguait en sautant les marches une par une de sa démarche féline. Il soupira à nouveau et se concentra pour de bon sur la télévision.


Une heure avait passé depuis le départ de Bill, Tom bailla, il devait être un peu plus de 23 heures. Il se décida à son tour d'aller se coucher, sa colère s'étant un peu dissipée.
Bill et lui partageaient la même chambre depuis, depuis toujours en fait. Bill allait quelque fois dormir dans son lit juste pour pouvoir profiter de la présence de Kasimir. En effet, le chat avait élu domicile dans la chambre du brun, il passait la plupart de son temps sur le grand lit et Simone lui apportait parfois sa gamelle dans cette même chambre. Tom pensait que Kasimir était beaucoup trop favorisé, on lui passait tous ses caprices. C'était un véritable pacha qui passait sa vie à dormir, ne sortant dehors que par obligation, faire ses besoins en somme. Kasimir n'aimait pas Tom et le lui faisait bien comprendre, de toute façon, Tom n'aimait pas Kasimir non plus alors peu importe.
Il espérait que Bill soit dans leur chambre et qu'il avait laissé le chat dans la chambre inoccupée, il avait eu sa dose de câlin pour aujourd'hui tout de même !
D'un pas nonchalant il monta l'escalier et poussa la porte de sa chambre, il faisait sombre mais pas complètement noir et le guitariste pouvait facilement deviner la silhouette de son frère sous les draps blancs. Il se déshabilla, ne gardant que son boxer et s'approcha du côté libre du lit.
Ses mouvements se stoppèrent quand il vit Kasimir, profondément endormi, à sa place, la moitié de son corps reposant sur son oreiller. Il grogna, se demandant depuis quand le chat acceptait de rentrer dans cette pièce, il ne le faisait pas auparavant. Il se pencha en avant, réveillant l'animal par la même. Ce dernier le regardait, ses yeux à moitié fermés, sa queue frétillait sur le matelas et il se mit à ronronner. Tom fronça les sourcils, il détestait vraiment ce chat.
« Qu'est-ce que tu fous là ?! C'est mon lit. Et là, il pointa un doigt sur Bill, c'est mon frère. Tu dégages, tu as une chambre il me semble ?! ».
Bill se réveillait peu à peu, écoutant avec attention les mots de son jumeau, il se retenait difficilement de rire.
Kasimir, quant à lui, ignora royalement Tom et posa sa tête sur ses pattes avant, ses yeux se fermant pour de bon. Le guitariste, bien décidé à reprendre sa place, attrapa le chat comme il le pouvait mais visiblement mal puisque l'animal ouvrit brusquement les yeux, ses griffes se plantèrent dans le bras du blond alors que ses dents s'enfoncèrent dans la peau de sa main. Tom poussa un cri et libéra sa prise, laissant Kasimir fuir en courant. S'en fut trop pour le brun qui explosa de rire, faisant sursauter Tom qui le pensait endormi.
Toujours debout près du lit, le dreadé se massait la main et le bras où apparaissaient de petites marques rouges et maudit l'animal à maintes reprises. Bill se redressa sur ses genoux, faisant face à Tom, il calma son rire et attrapa son bras pour toucher les faibles blessures.
« Tu es ridicule Tom. »
« Je déteste ce stupide chat. »
« Tu es jaloux. » affirma Bill et Tom ne répondit pas, finalement il l'était peut-être un peu.

Sans le prévenir de quoique ce soit, le chanteur saisit son frère par les épaules et le poussa brusquement sur le lit, se plaçant au dessus de lui. Tom ouvrit grand les yeux avant de passer une main dans les cheveux de son frère, il fit une moue enfantine pour l'attendrir et ajouta faiblement : « Tu l'aimes plus que moi. »
Bill sourit avant de se pencher en avant, Tom pouvait sentir ses lèvres contres les siennes alors qu'il parlait. « Ce n'est qu'un chat. » insista-t-il.
« J'aimerais n'être qu'un chat. » répondit Tom, du tac au tac.
La bouche du brun glissa vers l'oreille de son double, il déposa un tendre baiser sur celle-ci et murmura : « Je suis sûr que tu en es capable
Tom ne saisit pas tout de suite la portée de ces paroles, ses mains se baladaient un peu partout sur le corps de son double et il sentait son propre corps s'enflammer chaque seconde qui passait. Bill se redressa un peu et donna un baiser à son frère, juste en surface. Il était bien décidé à jouer.
« Tu aimerais que je te caresse ? » Tom déglutit face au ton sensuel qu'employait son jumeau, il comprit de suite où il voulait en venir. Il se prit au jeu et appuya sur la tête de Bill, glissant sa bouche contre son oreille.
« Et que ferais Kasimir dans ce cas là ? » Bill sourit, déposa sa bouche dans le cou de son partenaire et lécha avidement la peau qui lui était offerte.
« Je crois qu'il me lècherait la main, mais tu peux faire mieux. »
Tom renversa leur position, se retrouvant au dessus du corps offert de Bill. Il embrassa sa bouche et glissa le long de son corps, il s'arrêta sur son torse nu pour laisser sa langue goûter à sa peau puis s'attaqua à son nombril. Il prenait un malin plaisir à y faire entrer et sortir son muscle, comme pour mimer l'acte sexuel. Les premiers gémissements emplirent la pièce, Bill remonta ses genoux et ses mains vinrent se perdre dans les dreads de son double. Il ne contrôlait plus vraiment ses émotions, son excitation était au plus haut point et il espérait simplement passer un bon moment.
Son boxer glissa le long de ses jambes cependant que la langue taquine de Tom retraçait son tatouage stellaire, un soupir s'échappa de ses lèvres alors qu'il retenait difficilement un gémissement. Le dreadé descendit un peu plus sa bouche, ses doigts caressèrent l'intérieur des cuisses du brun et il souffla doucement contre son sexe gonflé.
Il remonta un peu ses mains vers le torse de son frère et les redescendit en pliant les doigts, de sorte à griffer la peau nue. Bill saisit l'allusion que son frère venait d'émettre, il le griffait comme aurait pu le faire Kasimir quand il était énervé. Or, là, il n'était pas question d'énervement. Juste de désir.
Le chanteur renversa sa tête en arrière lorsque Tom le prit en bouche, un souffle s'échappa de ses lèvres mais le son resta bloqué au fond de sa gorge. Ses doigts s'entremêlèrent aux dreads de Tom, lui implorant d'accentuer son mouvement. Tom sourit un peu et entama finalement un mouvement lent, les gémissements de son frère l'encouragèrent et il accéléra la cadence, titillant parfois du bout de sa langue le gland humide et rougi de son partenaire. Son propre sexe frottait contre la matelas, toujours prisonnier dans le tissu de son boxer.
Bill trembla un peu, son bassin se cambra et il jouit dans un long râle. Ses yeux se fermèrent d'eux-mêmes et ses mains empoignèrent le drap, faisant blanchir les jointures de ses doigts.
Il prit une forte inspiration pour calmer sa respiration ; lorsqu'il ouvrit les yeux, Tom se trouver face à lui, son regard était noir de désir et ses lèvres semblaient plus gonflées qu'à la normale. Il sourit et se laissa embrasser ; goûtant le fruit de sa précédente jouissance.
Tom gesticula un peu, son sexe le faisait étonnement souffrir. Bill comprit et glissa ses mains le long de son dos, griffant à son tour la peau puis retira lentement le boxer noir. Tom soupira d'aise et souleva son corps pour se déshabiller entièrement, envoyant valser le sous-vêtement à l'autre bout de la chambre. Il se recolla aussitôt au corps nu du brun, faisant se rencontrer leur virilité. Il émit quelques frottements et Bill banda à nouveau. Ils soupirèrent à l'unisson puis Tom pris appui sur ses coudes rencontrant le regard fiévreux de son jumeau.
« Je comprends pourquoi Kasimir aime se frotter à toi. » murmura Tom.
C'était absolument ridicule mais Bill se sentit fondre à ses paroles. C'était sensuel et il adorait quand Tom jouait ainsi avec les mots.
Il sourit et leva la tête jusqu'à ce que sa bouche rencontre l'épaule du blond. Il mordit doucement sa peau et s'attaqua à ses lèvres ; il se rallongea entraînant Tom avec lui. Ils s'embrassèrent fougueusement, leurs bouches dérapant l'une contre l'autre. Bill remonta à nouveau ses genoux et souleva un peu son bassin, sa bouche s'éloigna de celle du guitariste et il articula silencieusement deux mots qui firent perdre la tête à son vis-à-vis. « Prends-moi. »
Ce n'était pas sensuel. C'était sexuel.
Tom plaça ses mains sur les hanches de Bill et avança son bassin, son sexe cogna contre l'intimité du brun et il ne put retenir un cri. Ce n'était pas la première fois qu'ils faisaient ça mais c'était bien la première fois que Bill se montrait aussi entreprenant et Tom adorait ça.
Les jambes de Bill s'enroulèrent autour du corps de Tom et, à l'aide de ses talons, il poussa le bassin du blond vers l'avant. Cette fois, le dreadé pénétra le brun, les faisant gémir tous les deux. Bill se mordait la lèvre alors que ses yeux ne pouvaient s'empêcher de se fermer. Il haletait alors que Tom entamait une première série de va-et-vient. Son frère était très étroit et le plaisir n'en était que plus décuplé, comment pouvait-il se passer de toutes ces sensations ?
Bill gémit bruyamment lorsque Tom buta contra sa prostate, tout son corps s'électrisa et il failli relâcher la pression de ses jambes autour du corps de son frère.
Il ne savait que faire de ses mains, déchirer les draps ne lui semblait pas une bonne idée, de même pour ce qui était d'arracher les dreads de son frère. Il finit par les poser sur son sexe en éveil qui, de temps à autre, frottait contre le ventre nu de son jumeau. Il marqua quelques caresses, sachant pertinemment qu'il ne mettrait pas longtemps à venir, son désir étant à son comble.
Sa respiration s'accéléra considérablement quand Tom accentua ses mouvements, il tenta de poser une question mais les mots sortaient dans le désordre, sa peau était humide et ses cheveux lui collaient au visage. Il ne se souvenait pas avoir pris autant son pied auparavant même si, avec Tom, ça se révélait toujours très...fougueux.
Tom ralentit la cadence et approcha son visage de celui de Bill, il avait toujours cette appréhension de le blesser, de mal faire. Bill se concentra quelques secondes, remettant ses idées en place. Un sourire coquin se dessina sur son visage et une de ses mains remonta pour toucher la joue du blond.
« Serais-tu en train d'essayer de me faire miauler ?! »
Un large sourire naquit sur les lèvres du blond, il attrapa la main de Bill sur sa joue et la redescendit sur son sexe. Il marqua quelques caresses, ne lâchant pas son frère du regard. Bill n'attendait pas vraiment de réponse, ce n'était qu'un jeu après tout. Tom éloigna sa main de la sienne et Bill poursuivit son toucher seul.
Tom reprit ses mouvements de bassin, son front perlait de sueur de même que son torse. Ses mains saisirent brusquement celles de son frère, il entremêla leurs doigts et les appuya sur le matelas. Il s'enfonça une dernière fois en Bill, touchant sa prostate et jouit en gémissant, se mordant la lèvre inférieur. Bill renversa sa tête et éjacula à son tour entre leurs deux corps, un cri s'échappant de ses lèvres.
Lentement, Tom se retira et vint s'allonger près de son double, leurs épaules se touchant. Ils respiraient bruyamment jusqu'à ce que leur souffle se fasse plus régulier. Tom remonta le drap sur leurs corps et attrapa la main de son frère dans la sienne.


Le soleil cognait le carreau de la fenêtre, Tom se réveilla dans un petit soupir et remua légèrement son corps, entrant en contact avec celui de son jumeau encore endormi. Il ouvrit ses yeux, battant des paupières le temps de s'habituer à la luminosité et posa son regard sur Bill. Celui-ci semblait paisible dans son sommeil, une de ses mains remontée près de son visage. Tom resta quelques secondes à observer les traits de son visage fin puis son ventre grogna, il avait terriblement faim. Il n'avait pas souvenir d'avoir dîner la veille, un petit-déjeuner copieux serait le bienvenue.
Il sortit du lit sans brusquerie et enfila un boxer propre, il avait bien besoin d'une douche aussi mais son estomac criait famine et il préféra reculait l'échéance.
Il descendit l'escalier et entra directement dans la cuisine, il sortit le lait du frigo et mit en marche la machine à café. Il s'empara également de la boîte de biscuits dans le placard et enfourna une brioche, que sa mère avait préparée avant son départ, dans sa bouche.
Alors qu'il attendait que le café soit prêt, il vit la porte s'entrouvrir, il baissa les yeux et aperçut Kasimir. Le chat s'avança nonchalamment vers le tabouret sur lequel était installé le blond et caressa sa jambe du bout de sa queue. Il avait faim. Tom rigola un peu, comment pouvait-il être jaloux de cet animal ? Kasimir n'était pas indépendant, il fallait lui donner à manger quand il le réclamait, lui ouvrir la porte quand il voulait sortir... Et surtout, il n'était pas capable de donner du plaisir comme Tom savait le faire.
Le chat s'assit près du frigo mais Tom ne bougea pas d'un pouce, mâchant sa brioche avec enthousiasme.
Au bout d'un certain temps, lassé, l'animal se dirigea vers la porte. Tom le suivi du regard jusqu'à ce que les pieds nus de Bill entre dans son champ de vision. Il releva les yeux, Bill lui souriait.
« Il a faim. » annonça Bill.
« Je sais. »
« Mais ça attendra. » continua Bill à la grande surprise de Tom.
En effet, le brun comptait bien se remplir l'estomac avant de s'occuper de celui du félin.
Il s'approcha de la table et déposa un petit bisou sur la joue de son jumeau, il prit un bol, y versa un peu de café et se pencha du côté de Tom.
« Tu m'passes le lait s'il te plaît ? »
Le guitariste obéit et approcha la bouteille près de Bill, ce dernier attrapa sa main au passage et glissa sa bouche à son oreille.
« Merci, mon chaton. »



£µtt!

# Posté le vendredi 29 août 2008 06:56

Modifié le mercredi 03 septembre 2008 03:06

OS n°17

OS n°17


Date d'écriture : 1er septembre 2008.
Titre : Un et un font...un.
Note : Rien à dire. Tout n'est pas toujours rose dans ce monde.
[OS non twincest.]





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-Bill, qu'est-ce que tu fous ?! Dans moins de deux heures, on monte sur scène. David va te tuer, magne toi !



Ce n'était pas David, peut-être aurait-il préféré.
Le brun était juste sorti faire une course, incognito. Ses lunettes de soleil sur le bout du nez, ses cheveux noués et cachés sous un épais bonnet de laine noir, il marchait jusqu'au magasin le plus proche. Il avait besoin de décompresser, c'était toujours le cas avant chaque concert et la seule chose qui lui permettait de s'évader quelques secondes n'était autre que celle qui pourrait mettre fin à ses rêves pour la fin de sa vie.
Il ne s'agissait pas d'une quelconque drogue, quoique beaucoup la considérait ainsi, ce n'était qu'un simple bâton de nicotine. Ouais, une cigarette.
Tom avait le droit de fumer quand il le souhaitait mais lui, non. Depuis son accident aux cordes vocales, David l'avait averti, il ne voulait plus jamais le voir avec une cigarette aux lèvres. Il savait qu'un nouvel incident ne serait pas pardonnable, ni surmontable.
Ce serait juste la fin de Tokio Hotel.
Il était donc sorti s'acheter un paquet de clopes, il comptait rentrer aussitôt, s'enfermer dans sa chambre et savourer la nicotine qui s'infiltrait dans sa gorge et rejoignait ses poumons par la suite.
Hélas, il n'eut pas le temps d'atteindre le marchand de tabac
.



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-Bill, ça ne me fait pas rire. Où est-ce que tu es ? Rappelle moi stp.



Tom commençait désormais à s'inquiéter.
Ce n'était pas dans les habitudes de son frère de disparaître juste avant un show. Surtout pas quand il s'agissait d'un spectacle aussi grandiose que celui qu'ils se devaient d'assurer ce soir là... Bill en rêvait depuis des mois.
David faisait les cent pas dans le couloir, jurant contre le chanteur à maintes reprises.
Gustav et Georg ne montaient aucun signe d'inquiétude, peut-être le cachaient-ils. Ils discutaient du concert tout en revoyant certains accords. Parfois, ils intimaient à David de se calmer, promettant le retour de Bill dans les minutes à venir.
Mais les minutes passaient et Bill ne rentrait pas.




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-Tu as fait une connerie et tu as peur de rentrer ? Bill merde ! Les fans attendent, tu ne peux pas louper ce concert. Rentre, appelle-moi, fais quelque chose !



Le brun gémissait de douleur, pourquoi était-il sorti ?
Il regrettait déjà. Pourquoi n'était-il pas capable d'obéir ?
Il n'avait qu'à écouter David et rayer le mot « cigarette » de sa mémoire...
Oui mais le concert de ce soir était tellement important, le stress le rongeait depuis deux jours maintenant. Il dormait peu et passer son temps à travailler les chansons jusqu'à ce qu'aucune fausse note ne vienne la gâcher.
Des concerts, ils en avaient vécu un bon nombre mais celui-ci promettait d'être énorme.
Des milliers de fans étaient attendues de toute l'Europe, la télévision serait là, les journalistes et les photographes aussi.
Il allait rater tout ça pour avoir simplement désobéi.
Il se détestait. Tout le monde allait le haïr.




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-Bon dieu, je te déteste ! Je me fais un sang d'encre alors que tu es peut-être seulement en train de te promener dans un foutu parc. As-tu perdu la tête ?...Pff, désolé je m'énerve. Bill ? Fais moi signe stp.



Cette fois ci il sentait que quelque chose n'allait pas.
Tom s'était isolé dans sa chambre, assis sur le bord de son lit, il fixait son téléphone d'un regard désespéré. Il le suppliait de sonner, il le suppliait d'afficher le nom de son jumeau sur l'écran, il le suppliait de lui laisser entendre que celui-ci allait bien et qu'il serait là dans quelques secondes. Mais rien. L'écran restait sombre, sans espoir.
Le blond soupira, son c½ur battait anormalement vite, son estomac se contractait dans des grognements désagréables et sa gorge se nouait de plus en plus.
Ses émotions étaient partagées entra la colère et le désespoir, peut-être même la tristesse.
Si Bill passait cette porte, il ne savait s'il le frapperait en premier ou s'il l'étoufferait dans ses bras. Probablement les deux en même temps.




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-Je déteste cette boîte vocale. Bill ? Je t'en prie...



Où était-il ? Il n'en avait pas la moindre idée. Ses forces le quittaient à mesure que la douleur déchirait son corps.
Il s'imaginait que quelqu'un allait le trouver, lui venir en aide mais la réalité était telle que la nuit était tombée, il semblait être dans un lieu désert, plongé dans le noir, personne ne viendrait le cherchait.
Il se sentait faible et ce sentiment le meurtrissait un peu plus. Si seulement il avait eu quelques kilos en plus, si seulement il avait trouvé les bons mots, la bonne répartie. Si seulement il n'était pas lui.
Il fronça les sourcils, il perdait désormais la tête. Ses pensées affluaient lui collant une atroce migraine. Comme s'il avait besoin de ça.
Il se répétait sans cesse qu'il aurait mieux fait de rester dans leur loge à écouter Georg et Tom se chamaillaient et se lancer des boutades, regarder Gustav battre le rythme dans le vide, écouteurs branchés sur les oreilles, soupirer lorsque David viendrait leur répéter pour la quinzième fois qu'ils se devaient d'assurer ce show.
Bien sûr, ils avaient tous dû remarquer son absence, qu'étaient-ils en train de penser ? S'inquiètaient-ils pour lui ? Bien sûr qu'ils s'inquiétaient.




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-Bill, j'ai peur. J'ai peur qu'il te soit arrivé quelque chose. Je le sens. Qu'est-ce que je dois faire ?



Ce n'était plus de l'inquiétude, c'était bien plus que ça.
De la peur, de l'effroi.
Il connaissait Bill, dix huit ans qu'ils se côtoyaient. Il savait comment il fonctionnait, il connaissait ses qualités et ses défauts, il savait ce qu'il aimait manger quand il allait mal, il savait ce qu'il appréciait après avoir fait un bon concert, il savait tout. Du moins il l'espérait.
Or, à ce moment précis, il se sentait perdu et inutile. Toutes ces connaissances ne lui servaient à rien.
Oui, Bill n'aimait pas le chocolat. Est-ce que cela l'aidait à deviner la position de son frère ?
Nullement. Il était blessé de ne rien pouvoir faire, un sentiment de frustration immense qui lui fit lâcher prise.
Ses mains se crispaient sur son téléphone alors qu'il le fixait inlassablement, espérant un quelconque signe.
Sa tête lui faisait mal, il avait chaud et froid ; des larmes glissèrent sur ses joues...




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-Bi-il...Mon dieu Bill. Je sais plus quoi faire, reviens. Je t'en pr/..pris.



L'androgyne essaya de se tourner, histoire de repérer un indice qui lui permettrait de se situer. Il faisait si sombre.
Péniblement, il replaça le contexte et revit la situation...

Il marchait dans la rue, un petit sourire plané sur son visage, il allait avoir sa dose de nicotine et il assurerait un show qui animerait les journaux télévisés locaux dès le lendemain. Il partagerait un bon moment avec les personnes qui comptaient le plus pour lui, en dehors de sa famille.
L'enseigne du bureau de tabac clignotait au loin, plus qu'une rue à traverser et quelques mètres et il y serait.
La nuit tombait plutôt vite mais les lampadaires le guidaient. Enfin, ceux-ci étaient seulement implantés sur la rue principale...
Ce n'était qu'une ruelle. Quelqu'un l'avait hélé, semblant demander de l'aide. Il s'était un peu avancer dans l'obscurité pour finalement faire face à deux SDF. Couchés nonchalamment sur le sol, plusieurs bouteilles de vins traînaient sur le sol et un deux tenait un mégot à bout de lèvres. Ils marmonnaient des phrases incompréhensibles, jaugeant le brun de haut en bas.
Un peu gêné, Bill avait décidé de faire demi tour et s'en retourner à son but principal.
Mais c'était sans compter sur la détermination d'un des deux clochards qui s'était redressé en apercevant l'androgyne quittait les lieux. Il l'avait empoigné par la manche, l'obligeant à lui faire face, et lui demanda, en butant sur les mots à maintes reprises, où est-ce qu'il allait.
Le brun n'avait pas jugé bon de mentir, il allait simplement acheter un paquet de cigarettes, juste au bout de la rue. La phrase n'avait fait qu'un tour dans la tête du vieil homme, Bill était donc en possession d'argent.




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*bip*


-Bill...Bill...Je t'/...Je t'aime, j'ai peur. S'il te plaît.



Il raccrocha brusquement et laissa son corps tomber sur le lit, il suppliait son frère alors qu'il savait pertinemment que celui-ci n'avait aucun de ses messages. Ses sanglots bloquaient sa respiration, il avait mal. Mille et un scénarios s'imposaient à lui, tous plus effrayants les uns que les autres. Pourquoi était-il sorti sans en avertir personne ?
Ses yeux le brûlaient autant que son c½ur se déchirait.
L'espace d'une seconde, il pensa à sortit arpenter les rues mais la ville était si grande, il n'avait aucune idée de par où commencer ses recherches. Et s'il se perdait ?
Il composa à nouveau le numéro de son double pour se résoudre à un nouvel échec.
Il soupira profondément et sombra dans un sommeil léger, son mobile toujours serré dans sa main.




< Vous êtes sur la messagerie du **********, veuillez laisser un message après le bip sonore. >
*bip*


-...



Ce n'était que deux pauvres clochards, perdus, qui réclamaient quelques pièces pour pouvoir se saouler, plus si c'était possible. Ils n'étaient pas méchants, seulement rongés par leur malheur. Bill avait tenté de s'enfuir en expliquant qu'il avait juste de l'argent pour ses cigarettes, pas un euro de plus. L'homme se fichait pas mal de ses explications, buté sur sa volonté de récupérer cet argent. Sa main sale aux ongles rongés accentuait sa prise autour du bras menu du chanteur.
C'est lorsque ce dernier a commencé à se débattre que les choses se sont envenimées, l'autre clochard était désormais lui aussi sur ses deux pieds et s'approcher en vacillant de sa proie.
La panique s'emparait de Bill, ce qui amusaient beaucoup les deux hommes qui le chahutaient désormais. Le brun était balancé d'un corps à l'autre alors qu'il hurlait de le laisser partir. Ils n'écoutaient pas, la colère montait en eux. Il voulait juste ce putain de fric.
Bill regrettait maintenant de ne pas avoir coopérer ; le portant à bout de bras, les deux SDF l'avaient emmené jusqu'à une autre ruelle et avaient commencé à le frapper.
Ils ne savaient probablement pas ce qu'ils faisaient, l'alcool coulait dans leurs veines et ils rigolaient dévoilant leurs dents jaunies et usées. Bill se défendait comme il pouvait, remuant ses pieds et ses bras dans l'espoir d'atteindre un de ses tortionnaires. Mais chaque mouvement ne faisait qu'accentuer leurs colères ; le brun gémissait de douleur, son dos frottant contre le sol en béton. Parallèlement, son souffle saccadé lui donnait le tournis et il sentait que d'une minute à l'autre il s'évanouirait.
Et, effectivement, il sombra dans l'inconscient, laissant son corps inerte à la disposition des deux hommes dont la raison n'était plus depuis longtemps.
En voyant l'immobilité du jeune homme, leurs rires avaient cessé pour laisser place à l'incertitude. Paniqués, ils avaient fouillé les poches du jean et récupéré ce pourquoi ils en étaient arrivés là. Ils n'avaient pas eu le temps de culpabiliser ou vérifier que le brun était encore en vie, prenant leurs jambes à leurs coups ils s'étaient enfuis, sans un regard derrière eux.
Oui, c'était comme ça que tout s'était déroulé. Une agression comme l'on en voit beaucoup dans les faits divers, une de plus, impardonnable.

Le chanteur avait réussi à se relever, assis et son dos appuyé contre le mur en béton derrière lui, il analysait les dégâts sur son propre corps. Le sang affluait dans sa bouche, révélant sa blessure à la lèvre, il souffrait également au niveau de sa jambe droite et plusieurs écorchures ornaient ses bras et son torse, son tee-shirt était déchiré et il réalisé que tout ceci n'était du qu'à l'utilisation d'un objet tranchant comme un couteau. Il faisait froid et son corps tremblait, des spasmes faisant parfois leur apparition.
Les larmes roulaient sur ses joues, expiant sa peine mais aussi sa honte. Honte ne pas avoir pu faire face à cet évènement, de n'avoir pu réagir correctement, de n'avoir su réagir comme il le fallait.
Il ressassait ses idées noires, il préférait mourir que de souffrir autant.
Il avait froid mais son corps entier le brûlait.
Alors qu'il tâtait sa jambe meurtrie du bout des doigts il sentit un objet compact dans sa poche. Une pointe d'espoir naquit au plus profond de son être alors qu'il retira avec difficulté son mobile de sa poche.
Il l'avait éteint pour ne pas avoir à être dérangé pendant sa sortie, il l'alluma rapidement mais ne pris pas la peine de lire et d'écouter les dizaines de messages.
Il connaissait le numéro par c½ur, un nouveau malaise le menaçait mais il économisait ses forces et prier pour qu'on vienne le chercher.




< Salut, tu es bien sur la messagerie de Tom, je suis pas là pour le moment ; laisse moi un message et je te rappellerai. >
*bip*


-Tom ? Tom, c'est moi. Rappelle moi vite, je...



Un frisson parcourut son corps et le dreadé se réveilla brusquement. Ses pupilles vacillèrent de droite à gauche, le temps qu'il reprenne pied avec la réalité.
Tout lui revient en mémoire et il se redressa rapidement, faisant tomber son téléphone sur le sol. Il remarqua alors qu'un appel avait été reçu, son c½ur se gonfla aussitôt lorsque le nom de son jumeau apparût sur l'écran. De ses doigts tremblants il recomposa le numéro...
Deux sonneries résonnèrent dans le combiné puis une voix faible s'éleva, celle de Bill.


-Oh mon dieu Bill où es-tu ?
-Tom, j'ai mal.
Suffoqua le brun.
-Tu es où ? Qu'est-ce qu'il s'est passé ?
-Je sais pas, je sais plus.
-Parle moi, décris ce que tu vois autour.
Insista Tom, ses yeux lui piquaient et son c½ur battait la chamade.
-Y'a rien, c'est tout noir.
Il y eut un long silence, Tom prit peur en entendant son frère prononcer le mot « mort ».
-Bill, je suis là. Parle moi, on va venir te chercher.
-J'aurais pas du sortir hein ? J'voulais juste fumer, j'suis qu'un con, j'vais crever maintenant.
-Dis pas n'importe quoi.
S'empressa d'ajouter le blond, les mots le blesser et il refusait toutes les idées promulguées par son double.
-Je suis désolé, tellement. Je...
-Bill ?
-...
-BILL !

Les larmes formaient de longs sillons sur ses joues, il ne savait que faire, que penser. Il ne pensait plus. Il ne pouvait se résoudre à ce que Bill meure sans qu'il ne puisse rien tenter pour le sauver.
-Tom ?
-Tu as pris quel chemin ? Bats-toi !
-J'y arrive pas, je sais plus Tom. J'ai mal.
Un sanglot s'échappa de sa voix.
-Je t'aime Bill, je suis là.
-Oh. Moi aussi Tom.

Rien que le fait de tenir le téléphone près de son oreille constituait une épreuve, le mal était constant dans tout son corps. C'était la fin et personne n'y pouvait rien.
Il se mit à déverser tout son bonheur dans des phrases parfois incompréhensibles, il se remémorait la première fois qu'ils étaient montés sur scène, le jour où Tom avait refusé de sortir préférant rester au chevet de Bill qui était malade, la fois où leur mère et Andréas avaient débarqué à Londres pour leur faire une surprise. Tom se contentait d'écouter, il souriant à certaines anecdotes, que Bill parle constituait une bonne chose, pour lui.
En réalité, le chanteur espérait simplement partir avec ces bons souvenirs, il souhaitait que Tom ne soit pas malheureux. Chose totalement impossible, Bill allait mourir, Tom ne s'en remettrait peut-être jamais.
-Mon moment préféré, peina Bill, c'est lorsque tu m'as offert ce collier.
Son geste s'accompagna à la parole et il toucha du bout des doigts la lune en argent qui pendait à son cou. Tom n'était pas quelqu'un de démonstratif, ce collier signifiait beaucoup pour lui. Ils aimaient tous les deux la nuit, elle regorgeait de secrets et faisait l'objet de nombreuses symboliques. « In die nacht » en était la preuve même.
Le dreadé ne parvenait pas à articuler une quelconque phrase, les mots restaient bloqués au fond de sa gorge. On se rend toujours compte de l'importance des gens lorsqu'on les perd.
-Je suis fier de ce que tu es Tom.
Tom sanglota un peu plus, il ne pouvait pas croire que tout s'écroulait comme ça, en quelques heures à peine. Il entendit un long soupir à l'autre bout du fil puis le silence.
-Bill ?
Il n'eut pas à répéter son appel, une décharge lui traversa le corps, les battements de son c½ur s'accélérèrent brutalement et il grinça des dents pour ne pas sombrer à son tour.
Quelques secondes plus tard, le vide faisait place à son malaise.
Il était deux, il n'était plus qu'un.






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# Posté le mardi 02 septembre 2008 07:55

Modifié le vendredi 31 octobre 2008 04:14