OS n°9

OS n°9
Date d'écriture : 17 juin 2008.
Tire: J'ai juste envie d'être seul.
Note :
Une envie soudaine d'écrire, j'ai laissé les mots filer sur le papier... Enjoy.






J'ai juste envie d'être seul.

Je claque la porte derrière moi et m'affale sur le lit de la chambre d'hôtel. Comme par automatisme, mes paupières se ferment et j'inspire une grande bouffée d'air.
Le silence qui règne est bien vite brisé par le marteau piqueur qui squatte ma tête. J'ai un mal de tête infernal, autant parler de migraine puisque c'est de ça que je souffre depuis le début de l'après-midi.
Je me masse les tempes, tentant d'évacuer ce mal mais c'est peine perdue.
Je me relève difficilement et me dirige d'un pas lourd vers l'immense salle de bain. J'attrape ma petite pochette sur le bord de l'évier et en sort deux aspirines que je plonge dans un verre d'eau.
En attendant l'effervescence totale, je pose mes mains sur les rebord du lavabo et baisse la tête, mes cheveux viennent caresser mon visage. L'odeur qu'ils dégagent renforce profondément mon sentiment de colère et d'antipathie envers cette journée passée, trop longue à mon goût. Ça sent le tabac et la transpiration, tout ce dont j'ai horreur.

Je relève la tête et croise mon regard dans le miroir, j'ai vraiment une sale tête... Pourquoi faut-il toujours que mon humeur se répercute sur mon physique ?
Je soupire et décide de remplir la baignoire, j'y verse tous les flacons qui se trouvent à portée de main sans même savoir de quoi il s'agit. Je prends un peu de recul et retire mon jean ainsi que mes chaussures et mes chaussettes. Je garde mon tee-shirt et regarde l'eau inondé le bac ovale ; c'est dingue on pourrait être quinze là dedans !
Mais là, j'ai juste envie d'être seul.
J'arrête l'eau avant que ça ne déborde, retire mon tee-shirt et mon boxer, et me glisse doucement dans le bassin, faisant frotter mon dos contre le rebord lisse. Je soupire de bien être au contact du liquide bouillant et peu à peu mes muscles se détendent. Je pose ma tête sur le bord, respirant les odeurs parfumées de mon bain.
Mes yeux se portent sur le verre posé près du lavabo, j'ai bien sûr oublié de boire le contenu. Mais, après tout, ce moment de détente me sera sûrement d'un meilleur secours.
La mousse recouvre toute la surface de l'eau, cachant mon corps fatigué.
Je me remets à penser aux évènements de la journée : un photoshooting plus qu'ennuyant dans la matinée, un repas pris entre deux interviews et une après midi seul, à travailler ma voix qui ne cesse d'avoir des ratés depuis cette opération de malheur. Pour couronner le tout, David m'engueule et me reproche un sois disant manque de volonté.
J'aimerais bien le voir lui, il croit peut-être que ça me fait plaisir de ne plus chanter comme avant, de gâcher une chanson en plein milieu d'un concert et préférer laisser chanter les fans plutôt que de faire un massacre de ma propre chanson.
Et puis j'ai eu le droit à la petite leçon de morale concernant mon addiction à la nicotine. Comme si c'était simple de s'arrêter de fumer, je ne m'en sens vraiment pas le courage en ce moment. J'en ai besoin même si je sais que c'est très mauvais, surtout pour ma voix.
Un énième soupire s'échappe de mes lèvres, faisant s'envoler un échantillon de mousse.
Je sens le sommeil m'attraper à mesure que mes membres s'engourdissent mais quelqu'un frappe à la porte, non sans violence.

-Bill, c'est moi.

Tom. Il tombe mal, très mal. Quand je suis énervé et peiné à la fois, j'ai tendance à m'en prendre aux gens qui m'entourent...

-Je peux entrer ?

Non. Là, j'ai juste envie d'être seul.
J'ouvre la bouche pour lui répondre quand je le vois planté au milieu de ma chambre, un large sourire étire ses lèvres. Il a vraiment un air benêt des fois, je me demande si j'ai le même.

-Eh bien on se refuse rien à ce que je vois.
-Je ne me fais pas apporter du champagne tous les soirs, moi !


Un partout. Je fronce les sourcils espérant qu'il comprenne que je ne suis pas de bonne compagnie et m'enfonce un peu plus sous l'eau, mon menton étant presque entièrement immergé.
Tom s'approche, contourne la vitre qui sépare la chambre de la salle de bain et dépose ses baskets dans un coin.

-Je peux venir ?
-Tom, je suis à poil !
-Oh ça va hein ! T'es mon jumeau puis avec la quantité de mousse qu'il y a je ne risque pas de découvrir tes petits secrets...
-Petit ? Mais va te faire foutre !


Il pouffe de rire et pose sa casquette ainsi que son bandeau sur le rebord du lavabo. Ses dreads lui tombent sur les épaules, je suis leur descente sur le torse imberbe de mon frère et remarque qu'il ne porte plus que son boxer.
Je remonte mes genoux pour lui laisser un peu de place même si la baignoire est immense, et je suis surpris de voir qu'il rentre dans l'eau sans ôter son dernier vêtement. Ce n'est pas une piscine !

Une fois son corps pratiquement immergé, il glisse ses mains sous l'eau et se tortille dans tous les sens, m'éclaboussant au passage. Je le regarde, un sourcil relevé et probablement une moue d'incompréhension collé au visage.
En parfait vainqueur, il brandit son vêtement trempé dans les airs, m'envoyant des dizaines de gouttelettes dans les yeux. Il l'envoie valser dans la salle de bain, le boxer atterrit sur le sol dans un bruit disgracieux ; ce qui m'énerve un peu plus puisque je vais devoir éponger.

-T'es con. Tu pouvais pas l'enlever avant ?!
-Je voulais pas que tu sois jaloux de mon anatomie !
-Pff.
-Bon d'accord, je suis pudique.


Moi aussi alors qu'est-ce qu'il fout à poil dans mon bain ?! Moi qui ai juste envie d'être seul...
L'épiderme de ses épaules nues est parcouru de quelques frissons et je remarque qu'il me fixe. Je me redresse un peu, sortant mon menton de l'eau, le bout de mes cheveux désormais humide se colle à ma peau. Sensation assez désagréable.
J'ancre mon regard dans le sien et lui jette un « quoi ? » énervé.

-Qu'est-ce qui va pas Bill ?
-Il y a que j'ai envie d'être seul et toi tu viens me faire chier !


Il s'apprête à répondre mais je lui ai visiblement coupé la chique. Je l'ai probablement blessé mais ; bon sang, il me connaît ! Il sait comme je me comporte quand je suis énervé.
Non, bien sûr qu'il ne me fait pas chier mais j'ai vraiment besoin d'être seul. C'est si difficile à comprendre ? Son regard se porte sur un point quelconque dans la chambre et je comprends alors que je l'ai vraiment vexé. Je prends mon courage à deux mains et murmure un mot d'excuse à peine audible.
Un petit sourire étire ses lèvres alors qu'il s'enfonce un peu plus dans la masse savonneuse.

-Tu as passé une mauvaise journée ?
-Assez oui.
-Tu ne veux pas m'en parler ?


Tom est un chieur mais quand il veut, il est vraiment gentil et attentionné avec moi. Je ne prends pas la peine de lui répondre, mes pensées s'envolent. Je me rends alors compte que, moi, je ne suis jamais là pour lui, ni même pour les G's. Je ne fais preuve d'aucun courage, en continuant à fumer je risque la vie du groupe. Je sais qu'une deuxième opération mettrait totalement fin à leur rêve, au mien.
C'est pas facile de se remettre en question, un n½ud se forme dans ma gorge et ma vue se brouille peu à peu. Alors je suis égoïste ?
Soudain, je sens la main de mon frère sur ma joue, je plonge mon regard dans le sien et remarque son air inquiet. Il s'est approché et je peux même sentir sa peau contre mon bras et ma cuisse. Je l'interroge du regard alors qu'il passe à nouveau sa main sur ma joue.

-Pourquoi tu pleures ?

Je pleure ? Je cligne un peu des yeux pour confirmer les paroles de Tom. Je pleure.
Ça fait plusieurs années que ça ne m'est pas arrivé et Tom ne m'a jamais vu pleurer, ou alors quand on était gosse.
Mon c½ur se serre un peu dans ma poitrine, je suis égoïste et je passe pour un faible.
Je tente de me ressaisir en redressant un peu plus mon corps contre la paroi ; je réalise que je ne me suis même pas démaquillé, j'imagine déjà les longues traînées noires qui doivent couvrir mes joues.

Sans que je ne vois rien venir, Tom me prend dans ses bras. Je n'émets aucune résistance et me laisse aller à cette étreinte. Etrangement mon corps nu si près du sien ne me pose aucun problème ; je ferme les yeux et pose mon menton sur son épaule. Sa main humide glisse dans mes cheveux et marque quelques caresses qui me détendent aussitôt. Je serais presque tenté de m'endormir, timidement mes bras glissent autour de son buste, sous l'eau, et je rapproche un peu plus nos corps.
Je sais qu'il sourit, je sens son souffle courir sur ma peau.
Je suis bien.




Mes paupières s'ouvrent lourdement et mes yeux tombent avec étonnement sur...le plafond, le plafond de ma chambre. Je reste interdit quelques minutes avant de jeter un coup d'½il à ma tenue ; c'est bien ce qu'il me semblait : je suis nu, mais sous les draps c'est déjà ça.
Je me redresse et me repose sur mes coudes, la baignoire est vide mais mes vêtements gisent toujours sur le sol ainsi que ceux de Tom.
Tom. Où est-il passé ?

Je tends mes bras et laisse mon corps s'écraser contre le matelas. J'imagine que j'ai du m'endormir dans les bras de mon frère et qu'il m'a ensuite porté jusqu'au lit. Moi qui ne voulais pas qu'il me voit nu, c'est réussi !
Je m'enfonce un peu plus sous les draps à cette idée ; je remarque que l'extrémité de mes cheveux est sèche, ce qui veut dire que ça fait un moment que je sommeille. Mais y'a pas d'horloge dans cette putain de chambre ?!

Je m'apprête à me lever afin de récupérer mon mobile dans la poche de mon jean mais Tom fait soudainement irruption dans la chambre, il est habillé d'un jogging et d'un vieux tee-shirt ; ses dreads sont juste coiffées en queue de cheval.
Je m'empresse de remonter le drap jusqu'à mon nez, chose tout à fait débile vu qu'il m'a vu nu tout à l'heure.

-Oh. Tu es réveillé.


Il s'approche doucement du lit et s'assoit près de moi, je le gratifie d'un sourire et tourne ma tête vers la fenêtre, je redoute ce qu'il va me dire ou plutôt me demander.

-Tu ne veux toujours pas me raconter ta journée ?

Voilà. Plus têtu que mon frère ça n'existe pas, enfin si, y'a moi.

-A quoi ça t'avancerais de savoir ?
-Je m'inquiète. Il s'est passé quelque chose de grave ?


Grave, ça n'est pas le mot. J'ai juste était blessé par cette accumulation d'évènements, à croire que tous s'étaient légués contre moi.
Une fois de plus je sens un n½ud dans ma gorge, la voix de David fait écho dans ma tête. Je me concentre pour ne pas pleurer une seconde fois, et ose enfin rencontrer le regard de mon jumeau.
Il me sourit, sourire auquel je réponds avant de lui demander d'une voix timide s'il veut bien s'installer près de moi, sous les draps.

En fait, sans la célébrité, les choses seraient restées comme avant.
Tom et moi, quand nous passions une mauvaise journée, allions rencontrer l'autre et tous les deux montions dans notre chambre. On se glissait sous les draps, munis d'une lampe de poche et là, on se racontait nos mésaventures. Souvent, pour ne pas dire toujours, on terminait la soirée en rigolant, laissant bien loin derrière nous les souvenirs d'une mauvaise journée passée.
Aujourd'hui quand je vais mal, c'est seul que j'ai envie de me retrouver.
Nous n'avons plus 12 ans, c'est ce que je me dis et pourtant...

Une fois Tom allongé près de moi, je reste à une distance convenable étant donné que je suis toujours nu et donc assez gêné. Mon frère tente de se rapprocher mais je le repousse d'une main en baissant mes yeux vers le bas de mon corps, lui faisant ainsi comprendre le pourquoi du comment.
Il rit et se relève, attrape un boxer propre dans ma valise, qui n'est toujours pas défaite, et reprend sa place initiale, près de moi.
Je galère un peu pour enfiler le vêtement mais une fois fait, je laisse Tom s'approcher, sa main se pose sur mon bras où il fait des allers-retours incessants.
Plus confiant, je débute mon récit : le photoshooting raté, les interviews minables, l'après midi éreintante à travailler ma voix pour, au final, entendre mille et un reproche de la part de David.
Je soupire un bon coup et plonge mon regard dans celui de mon frère.

-Tu es d'accord avec lui n'est-ce pas ?
-Je pense que tu devrais arrêter la cigarette, pour le reste je ne suis pas de son avis. Tu ne manques aucunement de volonté, au contraire.
-Je suis égoïste.
-Ce n'est pas de l'égoïsme.
-C'est quoi alors ?!
-C'est...toi.


Avec cet argument de valeur, je ne peux que me laisser convaincre !
Je souris un peu , il essaie de me réconforter et ça marche.
Sa main remonte vers mon visage et il replace une mèche de cheveux derrière mon oreille. Chose dont j'ai horreur puisque je déteste mes oreilles, autant que Tom d'ailleurs. Je fronce les sourcils et secoue la tête de manière à faire tomber mes cheveux dessus. Mon frère rigole et se rapproche encore un peu. A quoi il joue ?

-Dis, est-ce que je peux te prendre dans mes bras ?

J'ouvre grand les yeux, d'où sort ce Tom affectueux ?
Ou alors, peut-être que lui aussi a passé une mauvaise journée. Bien sûr, je n'aurais rien remarqué, préférant pleurer sur mon sort plutôt que de m'inquiéter du sien.
Comme pour répondre à sa question, je l'enlace, glissant un peu au fond du lit pour pouvoir poser ma tête sur son torse. Son coeur bat contre mon oreille, il s'affole un peu, le mien aussi.

-Tu sais, pour ce qui est de la cigarette, je ne pourrais pas.
-Pourquoi ?
-Parce que j'en ai besoin. C'est trop dur d'arrêter.
-T'as jamais essayé !
-J'imagine, c'est tout.
-Si ça peut t'aider, je veux bien arrêter aussi.


Je me recule brusquement de son corps chaud et ancre mon regard interrogateur dans le sien. Je suis bien sûr touché mais je ne comprends pas, ce n'est pas son genre.

-Tu ferais ça ?
-Pourquoi pas. Pour toi.


Je ne sais que répondre, j'appuie ma tête sur ma main et le détaille. Il me sourit niaisement, sa main reprend sa place sur mon bras et débute de nouvelles caresses. Je frissonne un peu lorsque ses doigts ne font que frôler ma peau...
Je n'ai plus besoin d'être seul, maintenant qu'il est là.

Je ne sais pourquoi je me mets à penser à ça mais je me souviens d'un soir où Tom allait vraiment mal, notre rituel s'était mis en place. Lui et moi sous l'épaisse couverture, la lampe torche posée entre nous deux et le silence. Oui, ce soir là Tom avait été incapable de me parler, il se contentait de rester silencieux et de retenir ses pleurs.
Mu par une pulsion quelconque je l'avais embrassé. Peut-être pour lui donner un peu de confiance, ou juste pour lui montrer que, à l'époque, j'étais là pour lui.
On avait renouvelé l'expérience plusieurs fois jusqu'à ce que Devilish fasse son apparition, puis Tokio Hotel. Maintenant que l'on était dans la cour des grands, plus de ça entre nous. Mais on a peut-être un peu forcé, on s'est trop éloigné sinon pourquoi suis-je autant surpris quand mon frère me demande un câlin ?

Lentement, j'approche mon visage du sien et pose mes lèvres sur leurs semblables. Un frisson me parcoure l'échine et j'ose approfondir le baiser en donnant un petit coup dans sa mâchoire, l'obligeant à entrouvrir la bouche. Ma langue taquine vient caresser la sienne, je sais l'effet qu'à mon piercing sur certaines personnes et surtout sur mon jumeau. Je souris dans le baiser et pose mes mains sur son torse, ancrant mes ongles dans le tissu de son tee-shirt.
Les yeux clos je m'imagine son visage alors que mon corps est à l'affût de chacune de ses caresses. Sa main droite a pris possession de mon bras et ne semble pas vouloir le lâcher, comme s'il avait peur que je m'enfuis alors que je suis à l'initiative de cette échange.
Mon c½ur s'affole et je commence à manquer sérieusement d'air, je me recule donc doucement et plante mon regard dans le sien, encore.
Il me sourit et dépose un chaste baiser sur mon front. J'ai soudain l'impression de retrouver mes 12 ans, et quel bonheur !
Il a compris, lui aussi se souvient.

Toutes mes craintes se sont envolées et je n'ai pas l'impression de ressentir le besoin de nicotine. Je souris à pleines dents, comme un parfait crétin, il explose de rire et vient se blottir dans mes bras. Il me chuchote quelque chose à l'oreille, quelque chose qui ressemble à « Je veux bien être ta nicotine jusqu'à ce que tu n'en ressentes plus le besoin. »
Je rigole et resserre mon étreinte autour de son corps, opinant par la même.


J'ai juste envie d'être avec mon jumeau.






£µtt!

# Posté le vendredi 20 juin 2008 07:34

Modifié le mercredi 03 septembre 2008 03:05

OS n°10

OS n°10
Date d'écriture : 21 juin 2008.
Titre : Mourir pour être libres?
Note : OS écrite suite à la demande de Kelly (my-dr3am-lif3)




Pourquoi est-ce si difficile ?
Pourquoi est-ce si dur de tourner la page ?

Je dépose l'enveloppe, en évidence, sur la table du salon et rejoint mon jumeau près de la porte. Deux valises à ses pieds, ses yeux sont cachés sous des lunettes de soleil et ses dreads sous un épais bonnet. Vêtements sobres, pour ne pas être reconnu. De même pour moi.
Je pose mon regard une dernière fois sur l'enveloppe qui semble me narguer sur le bois de la table. Je ne sais si l'on fait le bon choix.

On avait tout pour être heureux, absolument tout.
A commencer par la célébrité : Tokio Hotel et ses millions de fans à échelle internationale, une famille qui nous suivait, respectait nos choix et nous soutenait malgré le peu de temps que nous lui accordions, des amis : que ce soit Gustav -toujours là pour nous écouter et nous conseiller- Georg -toujours là pour nous faire rire- ou ceux qui restaient dans l'ombre, ils étaient toujours présents. Et puis l'amour. Non pas en couple avec une jolie jeune fille, comme tous le monde l'aurait voulu. Mais, Tom.
Mon frère. Mon jumeau.
Cet amour, élément essentiel de notre bonheur à tous les deux, a contribué à notre malheur et à notre perte.
Un comble me diriez-vous.


Ce soir là nous n'avions pas prévu de laisser le désir prendre le dessus, ce soir là nous n'avions pas prévu de nous retrouver nus sur le canapé, ce soir là nous n'avions pas prévu de faire l'amour, ce soir là nous n'avions pas prévu que nos parents rentreraient accompagnés de nos amis les plus proches pour nous faire une « surprise ».


Les jours qui ont suivi cet évènement ont été les pires de toute notre vie.
D'abord l'humiliation, la pire qui puisse exister. La nouvelle était revenue aux journalistes qui s'étaient fait une joie de tout dévoiler dans la presse, qualifiant notre relation de « monstrueuse » et autres synonymes dévalorisants. Et pour affronter tout cela, personne. Juste Tom et moi face à la haine des gens.
Le groupe a été réduit en miettes, David nous a lâché, Gustav et Georg nous ont rejeté et par-dessus le marché, la maison de disque.nous a réclamé une grosse somme d'argent en guise de « dédommagement ».
Je vous laisse imaginer la retombée sur tous nos fans, on a reçu des centaines de lettres toutes plus insultantes les unes que les autres et, dans le lot, il y en avait toujours une ou deux qui nous encourageaient, qui nous faisaient part de leur soutien. Mais une lettre ce n'est pas suffisant pour pouvoir effacer les injures et les mots durs de centaines de lettres. Bien sûr, il y a avait aussi les menaces de suicide, toutes ces jeunes filles se croyant amoureuses de notre personne alors qu'elles adulaient seulement notre image.
Ajoutés à la peine et au regret, le sentiment de culpabilité bien qu'aucun homicide n'ait était déclaré.
Au fil du temps, on ne lisait même plus, les lettres positives restaient dans une petite boîte dans notre chambre et, quand le moral était au plus bas, on se permettait de relire quelques lignes.

Nous avons énormément souffert, surtout quand nous avons accueilli la réaction de notre famille. La pire de tous, je crois que le mot « renier » n'est même pas approprié.
Le fameux soir, Tom et moi avons reçu une gifle monumentale de la part de notre père, la première et probablement la dernière de notre existence.
Maman n'a pas décroché un mot, elle nous regardait les yeux grands ouverts, une main portée à sa bouche et les larmes menaçant de rouler sur ses joues. Elle a souffert, mais sûrement pas autant que nous.

Quand tout le monde avait enfin quitté la maison, emportant avec eux leurs regards de mépris et de dégoût, notre mère s'était enfin exprimée. Ça ressemblait un peu à une explosion de sentiments confus, elle se sentait trahie, blessée mais surtout honteuse d'avoir « mis au monde deux êtres aussi répugnants ».
Comment une mère peut-elle penser ça de ses enfants ?
A-t-elle pris le temps de réfléchir ?
Un mois. Elle nous a laissé un mois pour nous retourner et après, nous devions quitter la maison. Elle ne voulait en aucun cas savoir où nous irions, elle souhaitait juste ne plus rien avoir affaire avec nous. Ne plus nous voir et ne plus rien savoir.
Un poignard en plein c½ur.
Maman ? Ses bras dans lesquels je me réfugiais quand j'avais fait un cauchemar -et que Tom dormait d'un sommeil profond que je ne voulais en aucun cas déranger-, ses conseils si importants, sa voix qui essuyait mes craintes et mes peurs.
Ma maman, notre maman. Est-ce bien la même mère qui vient de tuer ses deux fils ?

Chacun dans sa chambre, aucune sortie autorisée ensemble, les repas pris dans nos chambres respectives et les mobiles supprimés. Heureusement, les parents n'avaient pas pensé aux ordinateurs, ayant accès tous les deux à Internet, nous pouvions communiquer par ce biais.
Il m'empêchait de sombrer et j'espérais faire la même chose de son côté.
Notre amour se devait de survivre à tout cela.

Personne.
Personne ne nous a soutenu, tous nous ont enfoncé. Tous nous ont conduit à notre perte, et finalement, ce sont les seuls responsables de ce que nous nous apprêtons à faire.
Ils s'en mordront les doigts, ou pas.
Si seulement on pouvait revenir en arrière...
On pourrait essayer d'arranger la situation, mais même ça c'est impossible. On ne peut pas sortir dans la rue sans risquer de se faire tabasser et puis il y a les regards. Ceux qui font le plus de mal, ceux qui restent gravés à jamais dans la mémoire.

-Pleure pas c½ur.

Je constate effectivement que mes joues sont inondées Malgré toute la haine que je porte à ma famille, je suis malheureux de les quitter. Malheureux, ça représente très bien mon état d'âme.
Je sors mes lunettes de mon sac à main et les places sur mon nez, cachant les dégâts sur mes joues.
Je suis fatigué de pleurer.

-Allez viens.

Son ton est doux et compatissant, je m'approche de lui et lui adresse un faible sourire avant de m'emparer de ma valise que je fais rouler dans l'allée. Le taxi nous attend, je pris intérieurement pour que le chauffeur ne nous reconnaisse pas. Même en ignorant l'existence de Tokio Hotel, les gens s'arrêtent sur nos visages parce qu'ils nous ont vu à la une des magasines ou aux infos télévisées. Par chance, il ne semble pas trop faire attention à nous, nous indiquant juste de mettre nos valises dans le coffre et de rejoindre la banquette arrière.
Nous obéissons et je prends discrètement la main de Tom dans la mienne.
Je repense aux mots écrits précédemment à l'adresse de nos parents mais aussi à qui veut bien l'entendre. De toute façon je sais que l'information circulera.
Ça me fait mal de faire ça mais Tom et moi nous sommes beaucoup concertés pour en revenir toujours à la même chose.



Vous n'avez pas voulu comprendre.
Alors nous n'essaierons même pas de comprendre votre réaction.
Vous aurez notre mort sur la conscience. Ne cherchez pas de trace, il n'y en aura pas.
Nous regrettons déjà et pourtant, tout ça, c'est uniquement de votre faute.

Bill et Tom.



Ce n'est pas une lettre, juste un simple papier où quelques mots s'enchaînent. Des mots écrits un peu à la va vite, qui reflètent notre colère et notre mépris.
Je les hais autant qu'ils nous haïssent si ce n'est pas plus.








Ellipse : juin 2011.



-A ce soir, je t'aime.
-Moi aussi.

Je referme la porte derrière mon frère, après l'avoir chastement embrassé.
Il est parti travailler, je me dirige vers la fenêtre et l'observe jusqu'à ce qu'il tourne au coin de la rue.
J'aimerais le voir avec ses longues dreads qui volent au grès de ses pas, sa casquette vissée sur la tête, ses grandes mains qui agrippent son baggy et son tee-shirt XXL qui tombe nonchalamment sur son pantalon.
Au lieu de ça, je vois un jeune homme aux cheveux blonds mi lisses, mi frisés, un jean un peu large mais qui ne rentre pas dans la catégorie des baggy, un tee-shirt simple qui moule un peu ses formes et des baskets blanches aux pieds.
Moi aussi ait fait quelques changements : j'ai gardé mes cheveux noirs mais j'ai tenté de rendre mes tenues plus discrètes et, maintenant que j'approche de mes 22 ans, j'aborde un style plus classique, plus sobre.

Je reporte mon attention sur mon frère et le vois sortir un paquet de sa poche puis il porte une cigarette à ses lèvres. Bientôt il disparaît de mon champ de vision et je m'en retourne à ma première préoccupation : le ménage.
Je déteste ça mais si je veux garder cet appartement un minimum propre, je suis obligé d'en passer par là.
Tout en m'attelant à cette rude tâche, je me remémore ces dernières années.

Ils ont tous gobé. Dès le lendemain de notre départ de la maison, notre pseudo-mort faisait la une de tous les journaux et, bizarrement, le mépris laissait place à la compassion.
Hypocrisie pure et simple, juste pour ne pas se donner mauvaise conscience.
Simuler sa mort ça peut paraître minable et lâche mais pas autant que si nous l'avions vraiment fait. Cela voudrait dire qu'ils auraient gagné. Ils le pensent probablement mais nous on sait ce qu'il en est et c'est ce qui compte.
On ne saura jamais comment les gens de notre entourage l'ont pris, s'ils ont regretté ou étaient soulagés par cette nouvelle. De toute façon je ne veux pas savoir, le passé reste le passé.

Mon jumeau et moi avons fait les démarches pour changer de nom, maintenant que nous vivons en Amérique, nous sommes revenus à l'anonymat. Nous avons repris nos prénoms initiaux : Tomas et Wihelm, mais quand nous sommes entre nous, il est mon Tom et je suis son Bill.
Pour le nom, nous avons opté pour celui d'un grand oncle, décédé sans avoir pu permettre sa descendance. Schranz.

Malgré tous ces efforts, nous n'oublierons pas qui nous sommes : les jumeaux Kaulitz., les jumeaux incompris, les jumeaux amoureux.






£µtt!

# Posté le samedi 21 juin 2008 19:12

Modifié le mercredi 03 septembre 2008 03:05

OS n°11

OS n°11
Date d'écriture : 25 juin 2008.
Titre : Chose.
Note : Y'a des fois comme ça où je me fais peur...Désolée si ça plaît pas é.è *se barre en courant*





Un corps est violemment projeté contre moi. Ce corps nu je le connais que trop bien, ces fesses je les reconnaîtrais entre mille. Elles se font pressantes, elles marquent même quelques à-coups. A quoi il joue ?
Ses cheveux bruns me caressent le visage alors que sa tête me cogne par moment, c'est douloureux mais pour le moins étrange. Je ne comprends pas, du moins pas tout de suite.
C'est lorsqu'un second corps m'atterrit dessus que j'assimile la situation.
Bill est nu, sur moi et son frère jumeau est nu, sur Bill.
A l'aide !

Je n'ai rien demandé à personne et je me retrouve prisonnière de deux hommes avides de désir.
La vie est vraiment trop injuste, j'essaie de leur monter ma présence mais rien n'y fait, de toute façon je peux à peine bouger.
Tout ce que je peux faire de là où je suis, et encore si Bill veut bien décoller son dos de ma poitrine, c'est regarder, regarder cette scène de sexe, d'amour ?

Oui, il y a de l'amour. Le blond me regarde, il s'appelle Tom il me semble, il faudrait que je confirme cela en demandant à ma jumelle, ses yeux sont étincelants et je parviens même à capter ses lèvres qui murmurent un « je t'aime » à peine audible.
Mon dieu. Je ne sais pourquoi je me suis retrouvée dans cette chambre mais tout ce que je veux c'est descendre au salon, là où je devrais me trouver en ce moment.
La tête du blond disparaît de mon champ de vision, je panique lorsque je sens ses dreads me chatouiller les jambes...
Les mains du brun s'activent sur moi, ses ongles s'enfoncent même dans ma peau. Mais je souffre en silence, je ne veux pas les déranger même si j'aimerais qu'ils évitent de me faire participer à leur partie de jambes en l'air.
Ses cheveux ébène viennent à nouveau à ma rencontre et je me permets de respirer l'odeur qu'ils dégagent, ça sent la fraise et les épices. Un mélange assez...aphrodisiaque.

Ses jambes s'écartent outrageusement et ce n'est qu'à ce moment que je réalise que Tom lui fait une fellation.
J'ai envie de disparaître six pieds sous terre, heureusement que rougir n'est pas dans mes capacités.
Des gémissements me parviennent aux oreilles, je sens le souffle du blond caresser ma peau. C'est chaud et doux.
De ses mains agiles il tient les cuisses de son jumeau, faisant glisser ses doigts de temps à autre sur la peau nue. Au son de leurs voix je peux affirmer qu'ils prennent un plaisir monstre, enfin surtout le brun...

Arrêtez moi si je me trompe, ils ont l'air bien parti pour approfondir leur échange. Ils ne vont quand même pas m'entraîner dans la suite des évènements ?
Alors là, non ! Je refuse catégoriquement ! Il me faudra déjà plusieurs jours pour me remettre de ce à quoi je suis en train d'assister et j'ai même envie de dire: ce à quoi je suis en train de participer.
Le plus drôle dans cette histoire c'est qu'il ne sont même pas gênés d'entraîner dans leur ébat une personne aussi pure et innocente que moi.

Je ne sais pas si je devrais raconter tout cela à ma famille, qu'est-ce qu'il pourrait y faire ? Nous n'avons pas assez de pouvoir pour les traîner en justice et je vais être la risée de tous. Bon, je m'abstiendrai.

Un coup de rein violent me sort de mes pensées, le corps du brun se cambre et quelque chose d'humide et chaud se répand sur mon corps. Ce n'est pas si désagréable, c'est toujours mieux que le yaourt de la dernière fois.
Toute façon ils vont nettoyer hein ? Ils ne vont pas me laisser comme ça ? Si ?

Si.
Je les hais.
Le brun lève ses petites fesses de sur moi, me soulageant d'un poids immense. Ses jambes sont encerclées autour du bassin du dreadé et tout deux se dirigent sur le lit.

Et voilà on n'a plus besoin de moi, on se casse et on me laisse en plan. C'est toujours la même chose !
Ma mère n'a de cesse de me répéter que je suis là pour ça et que mon rôle aurait pu être pire.
Quand je regarde autour de moi je me dis qu'elle a raison mais tout de même, la vie est d'une injustice flagrante !

J'ose poser mon regard sur les deux zigotos, affalés l'un sur l'autre sur le matelas ils ont l'air de partager un bon moment. Encore une fois, le brun est soumis.
Pauvre garçon, lui il a la chance de se rebeller, pourquoi ne le fait-il pas ? J'aimerais tellement moi.

Ils font l'amour comme des bêtes, dans toutes le positions possibles et inimaginables.
Malgré la violence ça reste un beau moment. Ils semblent en parfaite osmose et ils échangent de doux baisers et de belles paroles.

Je détourne mon regard, je ne veux pas les déranger, ce moment n'appartient qu'à eux. Je leur en veux pour ce qu'ils m'ont fait subir précédemment mais quand je vois l'amour qui ressort de leur union je ne peux que m'attendrir et compatir. Compatir parce que ça ne doit pas être facile tous les jours ; d'après ce que je sais deux frères n'ont pas le droit de s'aimer de la sorte.

Voilà, je vais tenter de me distraire avec autre chose. Enfin, tout ce que je peux faire c'est regarder, regarder par la fenêtre, regarder le bureau encombré, regarder la porte et espérer qu'elle s'ouvre pour que quelqu'un vienne me récupérer Regarder.

Car, après tout, je ne suis qu'une chaise.




£µtt!


# Posté le mercredi 25 juin 2008 05:24

Modifié le mercredi 03 septembre 2008 03:05

OS n°12

OS n°12
Date d'écriture : 6 juillet 2008.
Titre : Embrasse-moi.
Note : L'idée m'est venue à la suite de la lecture d'une one-shot qui s'appelait « Tu ne m'embrasseras pas »,un truc dans le genre ! (forum de Nokaia). La même base mais le récit est à l'opposé.
C'est une de mes préférées, j'espère qu'elle vous plaira aussi.
Au juste, je n'ai rien contre Britney Spears >.<






Ça fait deux jours que je n'ai pas touché une cigarette.
Disons-le clairement : je suis en manque.
J'ai bien essayé de taxer une ou deux clopes à des gens de passage, mais en vain. De plus, nous sommes en France, je ne parle pas un mot de français, je suis donc dans l'incapacité de sortir acheter un paquet. Je pourrais demander à quelqu'un de plus débrouillard que moi de m'aider, hélas, David désapprouve le fait que je fume. Et ce, depuis mon accident vocal d'il y a quelques mois. Vaudrait mieux pas que ça lui revienne aux oreilles...

J'enfonce ma tête dans mon oreiller tentant d'oublier mes envies et pense à ce qui nous attend pour le restant de la journée. Une interview pour un magazine dont je ne connais même pas le nom, une autre pour une émission diffusée sur une chaîne française et, en fin d'après midi, les répétitions pour le concert de ce soir.
Comment je vais faire pour supporter tout ça ?
Il faut absolument que je fume.
Au même moment, Tom déboule dans ma chambre, un sourire de vainqueur collé au visage. Il fait claquer la porte et se jette sur le lit, faisant rebondir mon corps sur le matelas. Je lui lance un regard noir alors qu'il vient tranquillement s'installer à califourchon sur moi, ses mains appuyées de part et d'autre de ma tête.

-Devine quoi ?! David nous accorde une semaine de vacances à compter de demain !

Son souffle court sur mon visage, je me surprends à fermer les yeux et respire fortement son haleine. Cette odeur, je la connais que trop bien.
Il continue son discours sur les modalités de notre période de repos mais je ne l'écoute que d'une oreille ; ma bouche s'entrouvre dans l'espoir de récupérer ne serait-ce que quelques particules de nicotine.

-Tu m'écoutes ?

J'ouvre brusquement les yeux, lui offrant un regard plein de reproches.

-Tu as fumé ?
-Oui, tout à l'heure.
-J'te déteste, embrasse-moi.


Il ne se fait pas prier et, après un sourire dont lui seul a le secret, il vient poser ses lèvres sur les miennes. Je frissonne quand sa langue vient à la rencontre de la mienne. Sa bouche à un goût de tabac froid, juste ce qu'il me fallait pour affronter une rude journée.
Je caresse tendrement son palais et retrouve son muscle pour une nouvelle danse endiablée.


♦ ♦ ♦ ♦ ♦



Nous sommes chez nous ; il doit être quelque chose comme onze heures. Retrouver maman, Gordon, Kasimir et Scotty m'a fait un bien fou. On a aussi rendu une petite visite à papie et mamie, mais les sorties nous sont que très peu autorisées. Il y a constamment une flopée de jeunes filles qui squattent devant chez nous.
Cette captivité ne nous pose aucun problème, on profite de notre famille et aussi de moments plus intimes...

Tom et moi sommes attablés au bar de la cuisine, devant nous une farandole de nourriture et toutes sortes de boissons. Maman a toujours tendance à en faire un peu trop, elle nous voit tellement peu souvent.
Aucune parole n'est échangée, la télévision est au centre de toutes les attentions. Ça aussi ça nous manque ; les séries débiles, les feuilletons pour enfants, les films à l'eau de rose typiquement allemand, et même les clips musicaux dans lesquels nous apparaissons parfois.
C'est cette dernière chaîne que nous avons choisi de regarder pour accompagner notre petit déjeuner.
Le clip de Lafee prend fin, Britney Spears prend sa suite. Je détourne aussitôt mes yeux de l'écran, son corps est retouché par ordinateur, de même pour sa voix. Quant au clip, il est tout simplement insignifiant. Bon, j'avoue aussi être jaloux de l'image qu'elle donne d'elle : cette bimbo a le don d'attirer l'½il de mon frère. Pourquoi s'entête t-il à me dire qu'il m'aime s'il bave devant des filles dénudées aux formes exagérées ?
Comme pour confirmer ma pensée, je tourne ma tête vers mon jumeau ; il est uniquement vêtu d'un boxer, ses yeux braqués sur la chanteuse peroxydée et sa main tenant en lévitation une cuillère remplie de miel.
Sans lâcher l'écran des yeux, il enfourne la cuillère dans sa bouche et la fait tournoyer à plusieurs reprises avant de la ressortir intact.
Il répète l'opération à deux reprises, mon corps s'enflamme.
Je vois pas pourquoi les gens trouvent que le chocolat et la chantilly sont des aliments excitants, quand on en fait bon usage. Le miel est, pour moi, numéro un des aliments qui développent la sensualité. Surtout quand cet aliment se trouve dans la bouche de Tom...
N'y tenant plus je descends de mon tabouret pour venir ma placer face à mon frère, il détache -enfin- ses yeux de la télé pour les ancrer dans les miens, qui doivent probablement être emplis de désir.

-C'est Britney Spears qui te fait cet effet ?
-Embrasse-moi Tom.


Il attrape mon visage entre ses grandes mains et caresse mon nez du bout du sien, mais c'est pas ce que je veux.
J'ai faim de miel.
Je colle moi-même nos deux bouches et force le passage pour glisser ma langue à l'intérieur de celle ci, ce qui le fait sourire dans notre baiser. Il plonge ses mains dans mes cheveux alors que je gémis en goûtant sa langue sucrée. Je m'y attarde, léchant chaque parcelle, à la recherche de la moindre substance de miel. Ce dernier ralentit un peu notre baiser mais il n'en est que plus agréable.

La porte du salon claque alors que celle de la cuisine s'ouvre à la volée, je me détache rapidement de Tom et reprends ma place initiale comme si de rien n'était.
Gordon se place face à nous, remplissant copieusement un plateau et, alors qu'il réchauffe le café dans une casserole, ses yeux semblent chercher quelque chose.
Une tartine de pain de mie dans une main, une cuillère dans l'autre, son regard se pose sur nous.

-Y'a plus de miel ?

Je fronce les sourcils et cherche à mon tour le pot en verre sur la table mais ne vois rien. Je tourne ma tête vers Tom qui affirme, sûr de lui, que maman n'a jamais acheté de miel. Gordon se laisse convaincre, verse le café dans un bol qu'il place au centre du plateau et quitte la cuisine.
Dès que la porte se referme, j'interroge mon frère du regard, il écarte simplement les jambes en rigolant et j'aperçois le petit pot entre ses cuisses. Il approche sa bouche de mon oreille et glisse une main sur ma hanche.

-J'ai pensé que ça pourrait nous être utile, apparemment tu aimes bien ça...


♦ ♦ ♦ ♦ ♦



J'avais pas envie de sortir ; c'est notre dernier jour de repos, je voulais juste passer ma journée au lit, dans les bras de Tom.
Et pourtant on a traîné tout l'après midi avec des potes avant de se retrouver en boîte, le soir même.
J'apprécie d'être avec eux, d'autant que je ne sais pas quand est-ce que je les reverrais, mais c'est la même pour Tom. Il sera près de moi mais quand pourrons-nous nous trouver à nouveau seuls ? Nos moments d'intimité sont tellement rares.
Je soupire sans vraiment le vouloir et porte mon attention sur la piste de danse, elle est bondée et chacun bouge au grès de la musique, certains n'ont vraiment pas le rythme dans la peau !

La plupart d'entre nous sommes restés à table, Erik a un peu trop bu et dort à moitié sur la banquette. Je suis encadré par Andréas et Lukas, ils passent leur temps à se lancer des vannes. Ils se penchent par-dessus moi pour communiquer, chacun leur tour, comme si je n'étais pas là. Ils me demandent parfois mon avis sur telle ou telle chose mais je m'ennuie à mourir.
Je tente un regard vers mon double, lui aussi assis entre deux gars, il rigole à c½ur joie.
Tous les trois cognent leur verre d'alcool dans un tintement parfaitement inaudible mais dont j'imagine très bien le son, et avale le liquide d'une traite. Encore un pari débile.
J'arrive à faire abstraction de mes deux amis et concentre toute mon attention sur Tom. Ses yeux rieurs ne me voient même pas, il reprend sa conversation avec les deux bruns tout en buvant un autre verre d'alcool. Une goutte s'échappe de sa bouche et glisse le long de sa mâchoire avant d'atterrir sur le col de son tee shirt. Tee shirt que je lui ai offert d'ailleurs, il y a pas moins d'un mois.
Je n'arrive pas à détacher mes yeux de sa bouche qui brille légèrement changeant même de teinte dès qu'un faisceau lumineux passe sur son visage.
Je me demande ce qu'il peut bien boire, au vu de la couleur je dirais vodka. Comme fait exprès, il s'agit de mon alcool préféré.
Je tiens mal l'alcool mais, bizarrement, la vodka est la seule boisson à laquelle je résiste. J'aime la chaleur qu'elle me procure une fois dans ma bouche et lorsque qu'elle glisse dans ma gorge ; son goût doux, sucré et fort à la fois. J'aime le fait qu'elle soit transparente comme de l'eau et je ne la coupe jamais avec une autre boisson, que ce soit coca ou jus de fruit.
J'attrape mon verre pour assouvir mes envies mais celui ci est vide, plus une seule goutte. Je maudis mes deux acolytes d'avoir commandé deux vulgaires bières et reporte mon attention sur Tom qui, cette fois ci, me regarde. Il me sourit avec tendresse, je ne réponds pas à son sourire me contentant de lui montrer mon verre vide de toute substance.
Pour me narguer, il porte son propre verre à ses lèvres et, sans me lâcher du regard, avale une gorgée, puis deux.
J'ai l'impression que plus rien n'existe sauf Tom, moi et son verre. Le son de la musique me paraît lointain et il me semble même entendre le liquide se répandre dans sa gorge.
Je me lève brusquement, bousculant Lukas à ma gauche et quitte la table, me dirigeant d'un pas décidé vers le bar.
J'enfonce mes mains dans mes poches pensant y trouver un billet ou assez de monnaie pour me payer une vodka mais elles sont aussi vides que mon verre.
Je m'énerve en serrant les poings et retourne m'asseoir, je tombe nez à nez avec Tom qui me fait un grand sourire. Il ouvre sa bouche et souffle sur mon visage, j'inhale tout ce qui s'en échappe et reconnaît évidemment l'odeur de la vodka.
Je ferme les yeux quelques secondes et les rouvre, attrapant Tom par le bras, je le traîne jusque dans les toilettes.
Je vérifie que personne ne nous voit et pose un chaste baiser sur ses lèvres.

-Offre-moi un verre.
-J'ai plus d'argent.


Le geste se joint à la parole alors qu'il sort la doublure de ses poches, m'annonçant ainsi la terrible vérité.
Je tape du pied comme un gamin et, après une courte réflexion, je le plaque contre une des cabines, mes mains emprisonnant les siennes au-dessus de sa tête.

-Alors embrasse-moi.


♦ ♦ ♦ ♦ ♦



Tom me manque.
Deux jours de séparation, nuits comprises, c'est un enfer.
C'est un peu de ma faute, depuis mon accident vocal je fais régulièrement des stages de rééducation. Stage qui dure parfois plusieurs jours, mais d'habitude Tom m'accompagne. Or, là, il est parti faire des répèt' avec Gustav et Georg.
On s'est jamais vraiment séparés, faut dire qu'on en a jamais eu l'occasion.
Même pendant notre enfance, maman s'arrangeait toujours pour qu'on soit ensemble, que ce soit à l'école ou en colonie de vacances. Elle était fière de ses « petits jumeaux » et, aujourd'hui encore, sa fierté est restée la même.

Je suis rentré il y a une heure à l'hôtel, les autres en ont encore pour deux bonnes heures.
Je m'occupe comme je peux ; j'ai pris ma douche, me suis maquillé, démaquillé pour ensuite recommencer jusqu'à être parfaitement satisfait de mon travail.
L'album de Green Day en boucle dans mes oreilles, je me suis ensuite attaqué à ma manucure. J'ai toujours préféré le faire moi-même plutôt que de laisser la tâche à une professionnelle, question d'habitude.
Et maintenant, je m'occupe de ma célèbre chevelure ! Je retire la serviette qui les maintenait, ils me tombent évidemment sur le visage, mettant en péril mon maquillage. Je m'empresse donc de les relever et, de les sécher dans un premier temps. J'ai fait refaire ma couleur il y a peu de temps, la teinte noire corbeau de mes cheveux est d'autant plus étonnante quand ceux ci sont humides.
Une fois sec, je m'empare du lisseur et, mèche par mèche, je m'applique à les raidir. Je recommence l'opération une deuxième fois pour que le résultat soit parfait.
Je manque de me brûler avec l'appareil lorsque mon portable vibre dans ma poche, me signalant un message. Je troque le lisseur pour mon mobile et lit rapidement le contenu du texto. C'est Tom.

De Tom.
18 septembre 2008.
20h32.
On arrive dans cinq minutes. J'ai hâte de te voir...


Un sourire prend place sur mes lèvres quand je remarque que je suis parfaitement dans les temps. Moi aussi j'ai hâte... Je ne prends pas la peine de répondre et termine le lissage de mes cheveux.
Ceci fait, je m'assois sur le lit, dos au mur et allume la télévision. Je tombe sur une émission musicale très appréciée en Allemagne mais je n'y porte pas grande attention.
Je pense -encore- à mon jumeau.
Je crois que c'est le son de sa voix qui m'a le plus manqué, ses blagues débiles, ses mots doux, son rire, ses excès de colère...
A moins que ce ne soient ses lèvres ? Elles connaissent mon corps par c½ur, je pourrais les dessiner de tête tellement j'ai passé de temps à les observer. Quand il dort, je peux passer plusieurs heures à détailler sa bouche légèrement rosie, qui s'étire dans un sourire quand il se réveille et qu'il me retrouve penché au-dessus de lui.
J'aime évidemment quand il m'embrasse ; pas étonnant que des centaines de filles rêvent de toucher ses lèvres, Tom est très doué pour ce qui est bisou en tout genre.
J'essaie de me remémorer notre premier baiser, on devait avoir à peine treize ans. L'après midi même, j'avais échangé mon premier baiser avec une fille et Tom était évidemment jaloux. Le soir, il a voulu savoir ce que « ça faisait », il se sentait ridicule de n'avoir embrassé encore personne. Naturellement, je lui ai montré.
Oui, naturellement.

Et, après ça, il a multiplié les petites amies alors que moi je n'arrivais pas à oublier ce que l'on avait partagé. La suite, vous la connaissez ; Tom a abandonné les conquêtes et il m'a choisi. Aujourd'hui encore, j'ai du mal à le croire et je sais qu'un jour il retrouvera ses mauvaises habitudes.
Une envie de retour à la normalité.
Une femme est sûrement plus désirable qu'un homme.

Et voilà, dès que je me mets à penser à ce genre de choses, j'ai l'impression de prendre une douche froide ou encore de recevoir un éléphant sur la tête. Ça me fout le blues d'imaginer que quelqu'un d'autre que moi pourra toucher et caresser ses lèvres.
Je soupire bruyamment et porte toute mon attention sur la télévision, qui braille depuis un moment déjà.
Ils sont en retard ?

Pas le temps de m'inquiéter davantage, ils déboulent tous les trois dans ma chambre. Je capte de suite le regard de Tom, ses yeux brillent et son sourire signifie beaucoup pour moi. Il reste à l'écart cependant que les deux G's me racontent ces deux derniers jours, évoquant avec amusement le calme qui régnait en mon absence.

Il se décide enfin de nous laisser, Tom et moi.
Dès que la porte claque derrière eux, il se jette sur moi, m'étouffant presque. Je le repousse un peu et m'assois au bord du lit, posant ma tête sur mes mains, coudes en appuis sur mes genoux.
Tom vient m'enlacer par derrière, il pose un bisou sur ma joue et caresse ma peau du bout de son nez.

-Tu m'as trop manqué.
-Moi ce sont tes lèvres.
-Sympa pour moi !
-Tes lèvres font partie de toi.
-Alors je t'ai manqué un peu ?
-Bien sûr idiot.
-Il y a quelque chose qui va pas ?
-Non, c'est juste que...non, laisse tomber.
-Dis-moi.
-C'est que...tu sais, enfin...J'ai peur de l'avenir
.

Je pousse mon corps en arrière, me retrouvant allongé sur lui, il écarte ses jambes pour ne pas me faire mal au dos. Je me retourne pour lui faire face, mes cheveux caressant son visage. Il sourit et mes yeux se perdent dans la contemplation de sa bouche, il le remarque aussitôt. Ses mains glissent dans ma nuque pour rapprocher nos visages.

-Elles t'ont manqué à ce point ?
-Embrasse-moi s'il te plaît.


Il annule la distance qui séparait nos deux bouches et m'embrasse avec tellement de passion que j'en suis surpris. Mon c½ur bat la chamade, frappant ma poitrine, résonnant dans la sienne. A moins que ce ne soit son c½ur qui bat aussi fort que le mien.

Au diable l'avenir !
Leb die sekunde.





£µtt!

# Posté le vendredi 01 août 2008 10:31

Modifié le mercredi 03 septembre 2008 03:05

OS n°13

OS n°13
Date d'écriture : 3 juillet 2008.
Titre : Mon nouveau voisin.
Note : Cet OS a une portée morale, j'ai beaucoup aimé l'écrire.
/!\ Bill et Tom ne sont pas jumeaux.






-Salut, je suis ton nouveau voisin.

Voilà. Ça a commencé comme ça.
J'habite un petit pavillon dans le sud de l'Allemagne, la maison d'à côté a été libéré il y a peu et voilà qu'aujourd'hui un camion de déménagement stationne devant.
Mon « nouveau voisin » s'est présenté rapidement, nom, prénom, raison de son arrivée dans cette petite ville isolée : il venait de trouver un emploi en tant que serveur dans une boîte de nuit. Apparemment, il avait besoin de fric et de s'éloigner des emmerdes. Il a frappé à toutes les portes de la rue, probablement pour mettre les choses au clair et éviter les messes basses : malgré son style androgyne, c'est un homme discret.

-Je m'appelle Bill.

Oui, au début j'ai eu un peu de mal à le croire ; « Bill » ça faisait pas trop fille... C'est là que j'ai compris mon erreur, j'ai rapidement fait le tour de son corps : pas de poitrine, pas de fesses proéminentes, pas de boucles d'oreilles, Bill est un garçon.
Ça m'a fait l'impression d'une grosse baffe, moi qui trouvais ma nouvelle voisine plutôt mignonne.
Il a vite remarqué mon air surpris et il s'est empressé d'ajouter qu'il avait l'habitude de ce genre de réaction, qu'il ne fallait pas que je sois gêné. Il m'a aussi dit qu'on ne se recroiserait sûrement pas vu ses horaires de travail, mais qu'il préférait que je sois au courant de qui habitait à côté de chez moi.

En effet, je ne l'ai plus revu. Enfin, jusqu'à ce soir où mes potes ont décidé de se faire une virée en boîte.
Ils étaient plutôt en forme et d'attaque pour une nuit de folie. Assez fêtard, j'ai accepté. A cinq dans la bagnole, on a débarqué au « Black and White » à deux heures du matin ; deux d'entre nous étaient plutôt éméchés.
On a choisi une table dans le fond de la salle -la seule qui était encore libre- et on a attendu que quelqu'un vienne prendre la commande.

-Messieurs ?

Je l'ai tout de suite reconnu et bizarrement mon c½ur a fait un bond dans ma poitrine. Ses yeux cernés de noir, ses longs cheveux corbeaux qui lui tombent sur les épaules et ses mains finement manucurées qui tenaient un plateau chargé, c'était Bill. Mon voisin.
J'ai remarqué que, comme les autres serveurs, il portait un pantalon noir et une chemise blanche. Tenue qui lui allait mieux qu'aux autres me semblait-il.
Il ne m'a pas reconnu, ou alors il faisait semblant de ne pas me reconnaître, écoutant mes amis qui lui déversaient un flot de connerie.

-Bill ?

Il a croisé mon regard, juste une seconde.
Il semblait apeuré pour ne pas dire effrayé. Je n'ai pas insisté plus et lui ai, à mon tour, fait part de ma commande. Il est reparti aussi vite qu'il était arrivé, déposant des boissons de ci et de là sur les autres tables.
Lui qui avait été si frais et spontané lors de notre première rencontre, pourquoi se montrait-il aussi distant envers moi ?
Alors que les uns s'étaient mis en tête de faire quelques pas de danse, les autres de se trouver une jolie minette pour la soirée, je restais stoïque face au comportement de mon nouveau voisin.

Assis derrière la table sur laquelle dansaient des dizaines de faisceaux lumineux, je vis arriver Bill, son plateau en main, son visage toujours aussi fermé.
Sans m'adresser un seul mot, il a déposé les boissons sur la table et m'a demandé si je souhaitais régler tout de suite où si on s'occuperait de ça plus tard.
Je ne pipais mot, tentant désespérément de capter son regard, lui me fuyait.
Sans vraiment savoir pourquoi, j'ai attrapé son bras et l'ai tiré sur la banquette, l'obligeant à s'asseoir. Il m'a regardé avec des yeux horrifiés et m'a ordonné de le lâcher. J'ai un peu paniqué et l'ai laissé repartir.

Je ne l'ai pas recroisé une seule fois de la soirée, sûrement m'avait-il évité.
Pendant une bonne partie de la nuit, je me suis interrogé sur mes sentiments ; pourquoi voulais-je absolument comprendre ce qui arrivait à Bill ? Parce qu'il m'avait frustré en m'ignorant ? Non, de plus, je le connaissais à peine.
C'était la deuxième fois que je le croisais alors que ça faisait déjà deux mois qu'il vivait juste à côté de chez moi, seul, les volets constamment fermés, les publicités débordant de la petite boîte aux lettres.
Finalement j'en avais conclu que la situation était bizarre et que, de nature curieuse, je tenais à savoir ce qu'il se tramait.

A 6h30, fin de son service (renseignement que j'avais pris au bar central), je l'attendais à l'arrière de la boîte, sur le parking des employés.
Vêtu d'une veste en cuir noir, il a déboulé par la porte de derrière, sa tête s'enfonçant dans ses épaules et son regard perdu dans le vide.
A force de la voir stationnée devant sa maison toute la journée, je savais qu'elle était sa voiture. Appuyé sur le capot, je ne comptais pas le laisser partir sans quelques explications.
Il a sursauté quand il m'a aperçut, le jour se levait à peine.

-Qu'est-ce que tu fais là ?!

Son ton n'était pas particulièrement agréable, je me suis même senti agressé. Il m'a contourné, cherchant les clefs de sa caisse dans ses poches. Ceci fait, il a enclenché le bouton pour déverrouiller les portes et s'est engouffré à l'intérieur.
Je ne comptais pas me laisser mener en bateau ! Sans réfléchir, je me suis installé sur le siège passager et ai croisé mes bras sur mon torse, comme un enfant qui boude.
Il a sourit, c'était sincère, je crois.
Il a fermé les yeux quelques secondes comme s'il se concentrait, puis ses prunelles brunes ont rencontré les miennes.

-Qu'est-ce que tu veux Tom ?
-Tu connais mon prénom ?
-Je n'oublie pas le nom de mes voisins ; alors ?
-Tu veux bien me ramener ? Mes potes se sont barrés, je suis à pied.


Il a rigolé devant mon air benêt et a enclenché la première avant de quitter le parking, non sans un regard inquiet dans le rétroviseur.
Après ça, il semblait plus détendu.
On a parlé de tout et de rien, mais surtout de moi, il évitait toutes les questions qui le concernaient de près ou de loin.

-Pourquoi tu m'as ignoré tout à l'heure ?
-J'ai pas le droit de parler aux clients.


Au même moment la voiture se rangeait dans l'allée. Il est sorti et a fait le tour pour m'ouvrir la porte. Je suis resté interdit plusieurs secondes avant qu'il ne claque son talon sur la chaussée, me sortant ainsi de ma léthargie.

-Bonne soirée Tom.

Je n'ai même pas répondu.
Bonne soirée ? Il était 7h passée ; pour moi, la journée commençait.
Je n'ai pas dormi, je me suis douché histoire de me réveiller car le sommeil commençait à se faire sentir et je me suis rendu au travail.
Je donne des cours de guitare à l'école de musique de la ville ; les élèves m'aiment bien car, contrairement aux autres professeurs, je suis de la nouvelle génération et mon look s'apparente plus à celui d'un adolescent.
J'ai des dreadlocks depuis l'âge de dix ans et je ne m'habille que dans de larges vêtements, vêtements toujours assortis à la casquette vissée sur ma tête, qui retient mes cheveux.
J'ai toujours été différent, aujourd'hui encore. Mon look c'est ma façon à moi de ne pas « rentrer dans le moule », être le parfait jeune homme de vingt ans ne m'intéresse pas.

La journée a été longue, mes paupières étaient pareilles à deux poids et mes muscles ne demandaient qu'à se reposer.
J'ai appris que deux de mes élèves, âgées de quinze ans, craquaient sur moi. Nouvelle qui ne m'a pas réjouit, j'allais encore me mettre les parents et les autres professeurs à dos. Ils pensaient tous que j'abusais de mes charmes pour séduire les petites adolescentes ; de un parce que j'étais un -sois disant- coureur de jupons, de deux pour avoir le maximum d'élèves et récolter plus d'argent à la fin du mois.
Je désapprouvais l'opinion que les gens avaient de moi mais j'aimais mon métier, je ne démissionnerais pas pour si peu.

J'ai apprécié quand j'ai vu qu'il était 18h à ma montre, j'ai dépassé les limitations de vitesse sur la route pour arriver plus vite chez moi et ainsi dormir plus. C'était totalement idiot mais à ce moment là je n'en avais pas conscience, trop fatigué pour avoir la moindre pensée cohérente.
Je me suis garé devant chez moi, un petit sourire aux lèvres, je tombais de sommeil et mon lit serait le bienvenu !

Alors que j'essayais désespérément de rentrer la clef dans la serrure, j'ai entendu une porte claquer. Le claquement de la porte d'entrée de mon voisin, Bill s'en allait au travail, sa tenue confirmait ma pensée. Il avait l'air sur les nerfs, je n'ai rien dis, me contentant de rentrer chez moi -la clef ayant enfin obtempérée-

Je commençais à rejoindre doucement les bras de Morphée quand la sonnette a retentit. J'ai maudit son tintement aigu et suis descendu ouvrir à mon semeur de trouble qui n'était autre que Bill. Il a vite compris qu'il arrivait au mauvais moment même si je m'efforçais de paraître agréable.

-Je suis gêné de te demander ça, ma voiture vient de me lâcher, je vais être en retard à la boîte...

J'aurais pu lui prêter ma caisse mais je préférais être présent et, s'il fallait, je reviendrais le chercher à la fin de son service. Je lui ai lancé les clefs de l'auto et lui ai demandé de m'attendre, j'allais enfiler mes chaussures et rattacher mes dreads correctement.

Quand je l'ai déposé sur le parking, il se faisait tout petit. Un mec semblait l'attendre près de la porte ; la quarantaine, brun avec une moustache, vêtu d'un pantalon de cuir et d'une chemise blanche. Il m'a tout de suite fait penser à un mafieux mais je me suis souvenu par la suite qu'il s'agissait du patron de la boîte (j'avais déjà vu sa photo dans le journal).
Bill ne m'a pas adressé un regard, cependant le vieux mec m'a regardé de travers, je dirais même méchamment, puis il a attrapé Bill par la taille avant de l'emmener à l'intérieur. Si j'avais ignoré leurs identités j'aurais cru que ce geste était intime mais il n'en était rien, enfin ça, c'est ce que je croyais.

A 6h30 précise, j'étais à l'arrière du « Black and White », le moteur de la Cadillac ronflait et je tirais nerveusement sur ma clope. Je n'ai même pas vu Bill s'engouffrait dans la voiture, il semblait furax et énervé, comme la dernière fois. Je commençais à m'attacher à lui et j'aurais aimé qu'il me parle un peu plus de lui.

-Tu pourras m'emmener demain soir aussi ? Après ça ira, j'te paierais l'essence si tu veux.
-Tu plaisantes ?! Oublie l'essence ! Tu fais comment après ?
-J'me débrouillerai, j'peux pas payer les réparations pour l'instant mais je veux pas t'embêter.
-Tu ne m'embêtes pas, je t'y emmènerai autant de fois qu'il faudra.
-Merci, c'est gentil. Par contre...
-Oui ?
-Tu pourrais me déposer plus loin à l'avenir ?
-Euh oui, si tu préfères.
-Merci.


Je n'ai pas cherché à en savoir plus, même si la question me démangeait.
De plus, il semblait que je sois sa seule connaissance puisque le seul apte à le co-voiturer. Il ne s'agissait donc pas d'une question mais de multiples questions.

Arrivé devant chez lui, il dormait presque sur le siège. Je l'ai détaillé plusieurs minutes et, à l'aube de ce nouveau matin, je me suis surpris à le trouver très beau.
Ses paupières ont cligné et il a rougit quand il s'est aperçut que je le regardais alors qu'il somnolait.
Il s'est excusé et m'a reproché de ne pas l'avoir réveillé, puis, il a quitté la voiture. Mais, au dernier moment, il a fait demi-tour et a déposé un petit bisou sur ma joue. J'ai senti le feu envahir mon visage mais ai vite fait abstraction de ce ressentiment pour rejoindre ma maison et me préparer pour une nouvelle journée de travail.


Deux semaines.
Ça fait exactement deux semaines que je joue le chauffeur de Bill, il n'arrête pas de se confondre en excuses mais moi ça ne me dérange pas. Je n'ai qu'à me lever un peu plus tôt le matin et, une fois que je l'ai déposé chez lui, je pars travailler.
Cette situation le gêne je le vois bien mais il n'a toujours pas les moyens de faire réparer sa voiture. Je me demande où il passe l'argent de sa paye mais cela ne me regarde pas, il est assez grand pour gérer ses dépenses.

J'en ai appris un peu plus sur lui, ses parents l'ont foutu dehors à l'âge de dix sept ans, le reniant pour son homosexualité.
Depuis, il vit de petits boulots et il dit être heureux comme ça, même si les fins de mois sont difficiles, même s'il n'a aucun amis et même s'il ne semble pas se complaire dans son travail.
Plus ça va, plus je me rends compte qu'il est malheureux, mais surtout je réalise que mes sentiments envers lui dépassent ceux de la simple amitié. Je ressens beaucoup d'affection et chacune de nos rencontres est un vrai bonheur. J'aime passer du temps avec lui même s'il s'agit de quelques minutes dans une voiture.

Je l'attends une fois de plus au bout de la rue mais ce soir -ce matin- il est en retard.
Il est 7h passée et je commence sérieusement à m'inquiéter.
Tant pis, j'enfreins les règles et roule jusqu'au parking où je me gare. J'essaye de l'appeler sur son mobile mais seule la messagerie me répond.
Mon pied appuie nerveusement sur l'accélérateur, faisant ronfler le moteur. Je suis plus inquiet par son retard que par le fait que je vais moi-même l'être au travail.
Mes yeux scrutent la porte de sortie qui reste définitivement close. C'est alors que mon regard dérive sur une masse dans le noir ; curieux, je descends de ma voiture et me dirige vers ce qui semble être un corps.
Je pousse un cri quand je reconnais le corps de Bill, recroquevillé sur lui-même, tremblant. Son visage se crispe à l'entente de mes pas sur le sol.

-Laissez-moi.
-Bill, c'est Tom.
-Tom ?


Il ouvre doucement les yeux, un des deux est gonflé et violacé, son nez saigne et sa joue est marquée de plusieurs écorchures. Je prends un peu peur quand j'aperçois aussi du sang sur sa chemise mais tend une main rassurante sur son visage. Je retire quelques mèches collées au sang séché sur son visage et le hisse dans mes bras. Il cale sa tête dans mon cou et je nous dirige vers l'auto dont le moteur tourne encore.
Je l'installe sur la banquette arrière et grimpe au volant.

Quelques minutes plus tard, je me gare devant chez moi, bien décidé à m'occuper de mon petit protégé. Il s'agrippe à mon cou et je le porte jusque dans la maison, je dépose son corps fébrile sur le sofa et monte chercher un gant humide ainsi que des médicaments.
Il fronce les sourcils lorsque je passe le gant sur son visage abîmé puis il ouvre ses grands yeux bruns. Je lui souris pour le rassurer mais aucune réponse ne me vient, il accroche sa main à mon poignet m'obligeant à l'éloigner.

-Je vais rentrer chez moi.
-Tu ne tiens même pas debout.
-Je vais me débrouiller.


Il commence à se redresser, sa tête doit tourner car il la plaque entre ses mains. Je ne peux retenir ma colère soudaine, il vient de se faire battre et il refuse un peu d'aide. Sans le vouloir, je lui hurle dessus, je lui cris qu'il n'arrivera à rien s'il veut se la jouer solo, qu'il ne peut pas se laisser marcher dessus et fermer sa gueule, qu'il a le droit de pleurer et de flancher. Qu'il a le droit de me faire confiance, qu'il peut me faire confiance.
Ses yeux embués de larmes se plongent dans les miens et il vient timidement poser sa tête sur mon épaule. Bientôt, ses bras encerclent mon buste et il pleure toutes les larmes de son corps. Le choc de son agression, sa peine. Un ensemble de choses qui lui pèse sur le c½ur depuis un moment déjà.
Je réponds à cette étreinte et je suis très peiné par l'état de Bill. Je passe une main dans son dos pour le consoler mais il se crispe et je comprends qu'il souffre à cet endroit également. Il s'accroche à moi comme à une bouée de sauvetage et je n'arrive pas à cesser ses pleurs.
En position inconfortable : n'étant pas assis complètement sur le canapé je commence à ressentir quelques crampes, je décide donc de m'allonger, entraînant le corps de Bill avec moi. Il se laisse aller et frotte même son nez contre ma peau. Je frisonne à ce contact, Bill m'attire et j'en prends réellement conscience à ce moment précis.
Moi qui me pensais hétéro, je suis obligé de me rendre à l'évidence : les hommes me plaisent. Enfin, pas tous les hommes j'ose l'espérer, juste celui qui se tient dans mes bras et qui semble véritablement en manque d'affection.

Il soupire, faisant courir son souffle sur ma peau, ses sanglots se sont tus. Il relève la tête et ancre son regard dans le mien, il est vraiment amoché. J'ai de la peine pour lui et il doit facilement le lire dans mes yeux. Il sourit dans une grimace et se redresse, essuyant ses larmes d'un revers de main.
Il s'assoit sur le bord du canapé et se masse les tempes puis il se lève et se dirige vers la porte. Je le rattrape de justesse en le tirant par la manche, aurait-il oublié ce que je lui ai dis précédemment ?
Je l'interroge du regard mais, une fois de plus, il le fuit.

-Tu ne vas pas travailler ?
-C'est trop tard puis, je vais pas te laisser.
-Tom, ça va.
-Je vais pas te forcer mais tu devrais peut-être me parler.
-Pas tout de suite, je vais rentrer chez moi pour...enfin...


Je comprends qu'il souhaite se laver et se soigner, je comprends aussi qu'il ne souhaite pas que je l'assiste. Je respecte son choix et le laisse rejoindre sa maison non sans une pointe d'inquiétude.
Je passe un coup de fil à l'école de musique pour leur annoncer mon absence, le directeur n'oublie pas de me passer un savon au vu de mon appel tardif mais là n'est pas mon plus gros soucis. Je me suis amouraché d'un garçon que je connais à peine et qui vient d'être violenté par je ne sais quel con.
Je commence à culpabiliser puis le sommeil m'emporte, enfin jusqu'à ce que la sonnette retentisse...
Je me précipite sur la porte et l'ouvre à la volée ; Bill se trouve sur le palier, des lunettes de soleil couvrent ses yeux et il est vêtu entièrement de noir. Son cou est également enveloppé dans un foulard sombre.
Je me pousse pour le laisser entrer et l'invite à venir s'asseoir près de moi sur le canapé.
Je jette un regard à l'horloge et remarque qu'il est déjà 13h, le temps passe vite d'autant plus quand Bill est à mes côtés. Je nous sers un verre de jus de fruit, il a ôté son écharpe mais a gardé ses lunettes. J'aimerais qu'il les retire, je déteste ne pas avoir accès à son regard.
Il boit une gorgée du nectar et soupire comme pour se donner un peu de courage, il retire lentement ses lunettes dévoilant ses yeux rougis et gonflés par ses récentes larmes. Il baisse les yeux lorsqu'il rencontre les miens appuyés sur son visage blessé.

-Je te dois des explications n'est-ce pas ?
-Si tu n'es pas prêt...
-Si, si.
-Je t'écoute.
-Je sais ce que tu penses, je n'ai eu que ce que je méritais.
-Pas du tout ! Pourquoi n'as-tu pas confiance en moi ?
-Mais...je...


Je me rapproche et attrape ses mains dans les miennes.
Mu par une pulsion soudaine, je colle ma bouche à la sienne, ses lèvres sont douces, seul endroit de son visage qui a été épargné. Il se recule brusquement et m'explique qu'il ne veut pas de ma pitié. Surpris, je bafouille quelques mots puis me concentre pour m'exprimer de manière cohérente.
Mes sentiments sont nés bien avant son incident et je souhaiterais réellement faire un bout de chemin avec lui. Il ne semble pas me croire, je prends délicatement son visage entre mes mains et pose à nouveau mes lèvres sur les siennes. Finalement, il répond au baiser et glisse même sa langue sur ma lèvre inférieure, demandant accès à plus d'attention. Je le lui accorde et ma langue rencontre la sienne, j'apprends par la même que son muscle est percé, la petite bille de métal me procure mille et un frisson.
A bout de souffle, le baiser prend fin. Je tente vainement de calmer les battements de mon c½ur alors que je réalise que je viens d'embrasser...un homme. Bizarrement, cette pensée ne me déplaît pas, au contraire. Les nouvelles expériences m'ont toujours attiré.
Un doigt caresse ma joue, j'ouvre les yeux et rencontre deux prunelles brunes scintillantes.
J'hoche la tête, l'encourageant à parler.

-J'étais super heureux d'avoir décroché ce job, j'ai toujours aimé la foule et bosser la nuit ne me dérangeait pas. La première fois que j'ai rencontré le patron du « Black and White », il a été direct avec moi : interdiction de parler avec les clients, le salaire -normalement fixé à 1200 ¤ par mois- était descendu à 300 ¤, soit disant parce que j'étais débutant. J'y ai cru et ai accepté. Puis, un soir, je me changeais dans les vestiaires du personnel, il est arrivé et il...il m'a touché comme il n'avait pas à le faire. Malgré mon refus, ça s'est reproduit, il me disait que si je n'acceptais pas ou que j'allais raconter ça à quiconque, je serais viré. J'avais besoin de ce job, pour payer le loyer, la bouffe, l'essence... Mon salaire est monté à 500 ¤, juste de quoi payer la location de la maison. Quand il t'a vu le premier soir où tu m'as déposé, il a cru que tu étais mon petit ami. C'est à ce moment là qu'il a commencé à me frapper, rien de visible. Si je le laissais me toucher, il me filait 100 ¤ pour manger ou payer l'essence. Il me traitait comme une pute. Hier soir, je lui ai dit que je démissionnais, je comptais quitter la ville, même si je m'étais attaché à toi, évidemment il l'a mal pris. La suite tu la connais.

Il prend une forte inspiration et expire l'air en fermant les yeux, il se retient de pleurer.
Peur, humiliation, violence, c'est trop pour un seul être.
Je n'arrive pas à y croire pourtant les faits parlent d'eux-mêmes ; je suis rassuré sur un seul point : il n'a pas été violé même s'il s'agit tout de même d'attouchement. Je déteste ce type, je suis sûr qu'il n'en est pas à son premier coup d'essai. Combien de vie a t-il détruit ?

Réalisant que je n'ai toujours pas décroché un seul mot, je bredouille un petit « désolé » et le serre dans mes bras. Il répond à l'étreinte et m'annonce, qu'après réflexion, il compte en rester là.
Je suis pas d'accord, ça voudrait dire que ce con a gagné. J'écarte le corps de Bill de moi et le saisis par les épaules.

-Bill, tu dois te battre ! Tu ne voudrais pas que ça se reproduise ?
-Non, bien sûr mais je n'en ai pas la force. Je suis dans la merde.


Il pose son front contre mon épaule et respire mon odeur à plein nez. Je relâche ma prise sur ses épaules et encercle à nouveau sa nuque. Je le berce quelques secondes et lui annonce qu'il peut compter sur moi, que je le soutiendrais mais je lui interdis de baisser les bras. Cette ordure doit finir en prison, c'est tout ce qu'il mérite.

-On pourrait peut-être s'installer ensemble ?

Je n'en reviens pas moi-même. Ça fait à peine quelques heures que l'on est ensemble, je ne sais même pas s'il compte continuer l'aventure avec moi et je lui propose de venir habiter avec moi. J'en ai réellement envie et puis un loyer vaut toujours mieux que deux.
Il relève rapidement son visage face au mien, ses yeux grands ouverts traduisant sa surprise. Je lui fais un sourire timide et pose un chaste baiser sur sa joue. Je conçois que ce soit un peu rapide mais j'ai envie d'y croire.
De sa bouche il mime un petit « oui » et m'embrasse avec passion, me faisant tomber à la renverse.



~Deux mois plus tard~


Le procès touche à sa fin, je me sens ridicule dans ce costume de pingouin. Bill est à mes côtés, il broie ma main dans la sienne, enfonçant ses ongles dans ma peau.

Verdict : l'accusé est déclaré coupable, trois ans d'emprisonnement ferme et une amende à verser à toutes les victimes -trois sont présentes au procès-
Toute la salle applaudit, Bill se jette dans mes bras, un sourire éclatant collé au visage.
Il a gagné.
On a gagné.






£µtt!

# Posté le samedi 02 août 2008 03:08

Modifié le samedi 27 décembre 2008 10:50